‹ Les populations primitivesChapitre 120 sur 150 · Après avoir fait l'énumération succincte des pays · texte numérisé non relu

Après avoir fait l'énumération succincte des pays

cupés par les populations du rite de l'Inhumation, étu-

ins plus en détail les dilîérenls points des trajectoires

rcourues.

Les tribus asiatiques, qui apparaissent aux débouchés

l'Altaï, avaient déjà Tranchi les premières étapes de la .iiisation. La richesse des mobiliers funéraires, témoins

leur passage en Sibérie, démontre qu'elles possédaient le grande quantité de métaux précieux. Elles avaient ploité les mines d'or, d'argent, de plomb, de cuivre, si ondantes dans la région. Cette exploitation avait rendu dentaires plusieurs d'entre elles ; les autres avaient c,onrvé des habitudes pastorales; mais le climat ne leur rmetlait pas de laisser en permanence leurs troupeaux ns la steppe. Dans cette contrée septentrionale la gelée ire et la neige rendent )e sol inaccessible pendant cinq à t mois de Tannée; la végétation fournil la nourriture aux limaux pendant les trois mois de l'été au plus. Pour entrenir le bétail durant la saison rigoureuse, les pasteurs aient obligés de mettre des fourrages en réserve dans des caiités oii ils stationnaient l'hiver. Ils avaient donc adopté le vie mi-nomade mi-sédentaire else livraient ^quelques avaux agricoles. Dans toute l'étendue du terrain qui (pare les monts Altaï des monts Oural, ils conservèrent le éme genre de vie. L'Oural possède, comme l'Altaï, une 'ande richesse minière dont l'exploitation fut facilitée par abondance du charbon de bois. Dans ces montagnes, en

effet, les tribus rencontrèrent la zone des forêts qui couvrent tout le nord de la Russie d'Europe et dont la limite est tracée sensiblement par la ligne qui joint le sud de l'Oural au golfe de Finlande. Elles suivirent probablement cette lisière, s'engageant fort peu dans les pays boisés, au sud desquels elles retrouvaient d^ailleurs le même climat et les mêmes conditions d'existence que dans les steppes déjà parcourues par elles en Sibérie. Les terrains crétacés et primaires de cette région, où la gelée dure ne subsiste que pendant quatre ou cinq mois et à laquelle succède une période d'été chaud, sont favorables à la culture et à Télevage. Près des monts Oural, on y élève encore aujourd'hui avec succès des bœufs et des chevaux.

S'avançant peu à peu vers l'ouest, les populations primitives se trouvèrent bientôt dans l'espace compris entre le pays des forêts du nord et le plateau boisé où prennent leur source la Oka, la Moskowa, le Volga, la Lovât, la Velikaia, la Dvina occidentale, le Niémen, la Bérésina, la Desna. Ce chemin les conduisit sur les rivages de la Baltique et du golfe de Finlande. Par là elles arrivèrent à la région des lacs, où elles s'adonnèrent évidemment à la pêche. Cette transformation sociale les poussa à l'exploration des côtes du golfe de Bosnie, à l'occupation de la Finlande, puis du nord de la Suède et de la Norvège. Nous les trouvons envahissant les côtes Scandinaves de la mer du Nord si riche en poissons, où elles ont rencontré le peuple des dolmens venant de l'Allemagne. L'exemple de ce peuple devenu marin et l'exercice de la pêche, seule ressource en Norvège, les habituèrent bientôt aux expéditions lointaines. Les tribus du rite de l'inhumation envahirent alors le Danemark, où elles ont occupé le Jutland et l'Ile de Seeland ; mais il semble qu'elles n'ont pas dépassé au sud la presqu'île danoise ni abordé vers l'est les côtes méridionales de la mer Baltique. On n'a pas encore signalé leurs nécropoles sur les terres de

*ilt LES POPULATIONS PRIMITIVES

rAllemagne du nord déjà occupées sans doute par les peuples mégalithiques et même quelques tribus du rite de rincinéraiion ; on ne les trouve pas non plus sur les terres basses des côtes néerlandaises. Il est probable qu'elles se sont dirigées vers Tembouchure de TEscaut, d'où elles ont atteint les terrains tertiaires des environs de Bruxelles et les massifs de TArdenne et de TEifel dominant les cours de la Meuse et du Rhin.

2. Avant de rechercher la trajectoire que ces partisans de rinhumation ont tracée dans TAllemagne et dans la Gaule, revenons aux tribus de la Sibérie.

Tandis que les unes continuaient, après la traversée des monts Oural, leur pérégrination vers Touest, et atteignaient la Scandinavie, les autres se dirigeaient vers le sud-ouest où elles étaient rejointes par les tribus du lac Balkach ayant marché vers Touest dans les steppes des Kirghiz et celles descendant de Pamir, qui, pour éviter le désert de sable de Kara-Koum, avaient remonté vers le Nord-Ouest par la Boukharie, le Turkestan et les rivages de la mer d'Aral. La rigueur du climat dans ces régions, quoique moins grande que dans les pays des gouvernements russes dlenisseï et de Tobolsk, était encore telle qu'on ne pouvait laisser les troupeaux toute Tannée dans les steppes. La vie nomade était donc limitée aux beaux jours de Tété et la vie sédentaire obligatoire pendant toute la durée des gelées. Mais, quoique ces conditions spéciales aient fatalement conduit à la division des industries, bien que les uns se soient adonnés à Tart pastoral et les autres soit à la culture soit aux fabrications industrielles, les mobiliers funéraires ne révèlent pas une grande abondance de richesses métalliques. C'est seulement aux environs de l'Altaï et lorsque les tribus, ayant franchi le fleuve Oural, ont occupé le bassin du Volga, que l'on recueille dans les tombeaux des quantités considérables d'or et d'argent. Cette diffusion des métaux pré-

cieux s'étend jusqu'au delà de la mer d'Azov, dans la Petite- Russie, sur les rives du Dniepr.

3. Les populations qui ont peuplé les rives occidentales de la mer Caspienne, ont atteint vers le sud la barrière du Caucase. Elles ont essayé de la franchir ; mais elles ont rencontré peut-être quelques derniers survivants des tribus mégalithiques et assurément des tribus du rite de Tincinération. La lutte entre ces populations si différentes de mœurs et de coutumes a été inévitable ; mais quelles qu'en aient été les péripéties, elle a abouti en un certain moment au succès des derniers venus. Nous avons trouvé leurs tombeaux près de Tiflis, en Arménie, même en Syrie. Et si les documents archéologiques nous font défaut pour cette partie de l'Asie, nous savons, par les relations des livres saints et celles des anciens auteurs, que Tiniluencedes tribus du rite de l'inhumation s'était propagée à l'est et au sud de la Syrie.

En Perse, le rite de l'inhumation était parfois adopté. Sans doute, on y avait conservé la coutume d'enterrer les cadavres, suivant la règle imposée par Zoroastre et décrite dans l'Avesta, c'est-à-dire après leur décharnement par les oiseaux de proie ou les chiens. Hérodote * affirme que les mages observaient ce rite funéraire et le pratiquaient à la vue de tout le monde ; mais il assure en outre que les Perses enduisaient de cire les corps morts avant de les mettre en terre. Strabon^ confirme encore ce récit. « Les morts, dit-il, ne sont enterrés en Perse qu'après avoir été jetés en quelque sorte dans un moule de cire ; seuls, les corps des mages ne sont pas enterrés ; on les laisse devenir la proie des corbeaux et des vautours. » D'ailleurs, Cyrus fut inhumé. Alexandre visita son tombeau au palais de Pasargades ". On trouva

Page 1