INTRODUCTION XXVII
ville ' met ce fait bien en évidence. « Les Francs, les Bargundes et les Normands, dît-il, étaient Germains; cependant le français et ses dialectes bourguignon et normand appartiennent à la famille néo-latine. Après moins de deux siècles de séjour en France, les Normands ont conquis l'Angleterre ; ce n'est pas une langue germanique, c'est un dialecte du français qu'ils y ont porté, et, au bout de quelques siècles, ils Tout oublié pour adopter la langue des vaincus. »
Il serait donc peu légitime d'attribuer toujours la même origine à deux peuples parlant à une époque relativement récente le même langage. Les caractères linguistiques, dont la haute valeur ne saurait être mise en doute, ne sont pas cependant, pour le but qui nous occupe, un critérium assez certain.
3. L'étude des tombeaux révèle les pratiques adoptées par les différents peuples anciens pour rendre à leurs morts les honneurs de la sépulture. Elle permet de constater, dans ces cérémonies, des usages qui ont persisté à travers les siècles et qui constituent ainsi un véritable caractère ethnique.
De tout temps et en tout lieu, le mystère de la mort a préoccupé Tesprit humain qui a cherché à l'expliquer. De là l'origine des rites funéraires qui ont présenté entre eux des différences notables.
Certains peuples ont détruit par le feu les cadavres et recueilli pieusement les rares résidus solides subsistant après la crémation.
D'autres ont enseveli les corps dans des grottes nartu-
1. D'Arboisde Jubainville. Les premi vs hahitants de l'Europe^Viv, I, Ch. V,
XXVIII INTRODICTION
relies ou artificielles; ou bien, ils les ont simplement déposés dans des enveloppes enfouies sous un amas de terre, laissant aux organismes vitaux le soin de transformer les substances organiques.
Quelques-uns ont essayé, à Taide de préparations spéciales, de conserver intactes les formes extérieures du corps humain; tel a été le but de l'embaumement ou de divers procédés consistant à soustraire le cadavre à Faction de Tair, créant ainsi un milieu peu favorable au développement des agents destructeurs de la matière organique.
Parfois encore on a signalé Tusage d'abandonner les morts aux animaux carnassiers jusqu'à ce que les squelettes soient complètement dépouillés de leur enveloppe et puissent être déposés dans un sépulcre.
Enfin quelques tribus auraient même considéré comme un devoir de manger les corps morls de leurs pères.
Ces différents rites correspondaient évidemment aux conceptions religieuses des peuples qui les ont suivis et les ont conservés jusqu'à ce qu'une autorité toute-puissanle en ait imposé la suppression. La coutume, cette règle établie par les ancêtres concernant les usages religieux de l'antiquité, « est, d'après Varron *, un effet du jugement de Tàme qui devient habitude. « Elle se transmet de génération en génération comme un dogme auquel le moindre changement ne saurait être apporté.
Déjà Hérodote signalait ce fait en disant :^ « Parmi le grand nombre d'exemples de Timporlance que les peuples attachent à leurs lois et à leurs coutumes, on