‹ Les populations primitivesChapitre 14 sur 150 · INTRODUCTION XXIX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXIX

peut citer celui-ci : un jour Darius, ayant appelé près de lui des Grecs soumis à sa domination, leur demanda pour quelle somme ils pourraient se résoudre à se nourrir des corps morts de leurs pères. Tous répondirent qu'ils ne le feraient jamais, quelque argent qu'on pût leur donner. Il fil venir ensuite les Calaties, peuple des Indes, qui mangent leurs pères; il leur demanda, en présence des Grecs, à qui un interprète expliquait tout ce qui se disait de part et d'autre, quelle somme d'argent pourrait les engagera brûler leurs pères après leur mort. Les Indiens, se récriant à cette question, le prièrent de ne pas leur tenir un langage si odieux, tant la coutume a de force. Aussi rien ne paraît plus vrai que ce mot que Ton trouve dans les poésies de Pindare : — La coutume est la reine de tous les hommes. »

Cette permanence des rites est également affirmée par Denys d'Halicarnasse \ au i^"" siècle avant notre ère. <( Les barbares surtout, dit-il, ont une fidélité scrupuleuse à leurs anciennes pratiques religieuses, et le temps n'a jamais pu jusqu'à présent persuader de renoncer aux cérémonies de leur culte ou d'en violer les lois, ni les Égyptiens, ni les Libyens, ni les Celtes, ni les Scythes, ni les Indiens, ni, en un mot, aucune nation barbare. »

Dans Tempire romain, deux siècles après la reconnaissance de la religion chrétienne comme religion de TÉtat, les jeunes gens recevaient encore dans les écoles une éducation complètement païenne. Ausone et saint Augustin lui-même en avaient subi l'influence. Cependant le rite de l'inhumation s'était presque partout substitué à

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