Jornandès. Histoire des Ooths^ IX
Quels qu'aient été les événements provoqués par cette rencontre, il est incontestable que les deux populations ont^ d'un commun accord, occupé simultanément la même région, chacune conservant d'ailleurs ses coutumes funéraires.
« Chez les Thraces voici, dit Hérodote % comment se font les funérailles des gens riches. On expose le mort pendant trois jours, et, après avoir immolé toutes sortes d'animaux, on fait un festin auquel les pleurs et les gémissements servent de prélude. On Tinhume ensuite, qu'on Vait brûlé ou non. On élève, après cela, un tertre sur le lieu de la sépulture, et Ton célèbre des jeux de toute espèce, avec des prix dont les plus considérables sont adjugés aux combats particuliers, à cause de l'estime qu'ils en font. »
Les partisans de l'inhumation et ceux de l'incinération vivaient donc sous un régime d'égalité ; le texte d'Hérodote n'implique aucune infériorité des uns vis-à-vis des autres.
3. Les deux rites coexistaient encore en Macédoine. Alexandre fit des funérailles magnifiques ^ à Hephœstion qui fut incinéré. De même, Eumène, favori d'Alexandre, fut brûlé par ordre d'Antigone qui l'avait fait mourir et qui, après avoir recueilli ses cendres et ses ossements, les ren-^ ferma dans une urne pour les envoyer à sa femme et à ses enfants ^ D'autre part, Alexandre fut inhumé*. Son corps, déposé dans un cercueil d'or, fut transporté avec grande pompe, sur un char magnifique, de Babylone à Alexandrie.
Cependant Ptolémée, qui avait présidé à ces somptueuses funérailles, fut attaqué en Egypte par Perdiccas. Au passage du Nil, ce dernier perdit plus de deux mille hommes et Ptolémée recueillit les corps qui étaient tombés en son pou-