‹ Les populations primitivesChapitre 139 sur 150 · Idem-, liv. XIII, ch. ix · texte numérisé non relu

Idem-, liv. XIII, ch. ix

Î9i LES POPULATIONS PRIMITIVES

nécropoles de THerzégovine et de la Bosnie, d'où elles sont descendues dans le bassin du Danube. Elles envahissent la plaine de Hongrie où elles laissent leurs traces sur la rive droite du Danube dans les comitats de Tolna et de Veszprem, dans celui de Sopron à l'ouest de Buda-Pest, près du Nensiedler-Sec, non loin de la Leitha. Elles s'avancent encore vers le nord-est, sur la rive gauche, dans la plaine du comitat de Nogrâd et dans le comitat d'Abauj, au bord de ripoly, dans la plaine du comitat de Szabolcs, entre la Tisza et la Kùros.

D'autre part, on rencontre leurs traces sur le bassin delà Méditerranée dans la Basse-Carniole ; mais quelques tribus seulement ont pénétré en Carinthie et en Styrie. Il semble que ces dernières provinces soient les limites extrêmes atteintes vers le nord-ouest par le courant de migration que nous suivons. Les tribus dont on signale le passage en Carniole ont contourné l'Adriatique au lieu de remonter vers le Nord ; ce sont elles qui ont envahi sans doute l'Italie et dont on retrouve les tombeaux à Padoue, k Vérone, en Toscane, en Ombrie.

Mais, dans ces dernières stations, les envahisseurs ont été probablement renforcés par des populations, adeptes du même rite, venant du Nord. Nous verrons plus loin qu'un groupe fut installé à Innsbruck, prêt à franchir le col du Brenner pour aboutir, par les contreforts méridionaux des Alpes du Trentin et de la Yalteline, dans les plaines de la Vénétie, à Padoue et à Vérone, et de là pénétrer dans les Apennins.

8. D'autre part, il est possible que, par suite du développement de la navigation dans la Méditerranée, des populations, adonnées au rite de l'inhumation, soient arrivées par le sud dans la péninsule italique ; mais ce fait n*est pas démontré.

Nous savons qUe^ che2 les Romains, L'incinération et

TRIBUS DU RITE DE L'iNHUMATION 293

rinhumation existaient simultanément. Le culte des morts était pour chacun une religion de famille dont les dogmes pouvaient s'effacer mais dont les rites se sont perpétués avec une persistance qui n*a cédé qu'au triomphe du christianisme. En dehors des différences essentielles résultant soit de l'enterrement soit de la crémation, les autres cérémonies funèbres ne présentèrent plus de contraste sensible. Par suite du contact permanent des deux religions, les pratiques devinrent communes aux deux rites et furent même, semble-t-il, régularisées par des lois acceptées par tous les citoyens. La loi des XII tables autorisait les deux modes de sépulture.

A quelle cause peut-on attribuer ces coutumes dilîérentes suivies par les familles romaines?

Denys d'Halicamasse *, dans ses Antiquités romaines, nous apprend qu'une colonie de Lacédémoniens s'établit chez les Sabins à Tépoque où Lycurgue donna des lois à la ville de Sparte. Des citoyens, ne pouvant supporter la sévérité de ces lois, quittèrent la ville, et, après avoir parcouru les mers, arrivèrent en Italie où ils s'installèrent. Quelquesuns établirent leur demeure avec les Sabins et c'est pour cela que les mœurs de ceux-ci sont en partie les mêmes que celles des Lacédémoniens.

Nous avons dit précédemment que le roi Numa Poinpilius, qui était Sabin d'origine, avait défendu par testament de brûler son corps, et qu'il fut enterré au pied du mont Janicule dans un sarcophage de pierre. On peut supposer qu'il avait adopté la coutume de l'inhumation suivie par ses compatriotes à l'exemple des Lacédémoniens. De même, sans doute, les Sabins qui avaient, à la suite du traita conclu entre Romulus et Tatius, accepté l'hospitalité romaine avec la condition d'apporter dans la cité leurs dieux

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