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Denys d^Halicarnasse. Ant. rom,, ch. x

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et leurs coutumes particulières , conservèrent l'usage d'enterrer leurs morts.

Observons toutefois que le pays des Sabins était assez éloigné de la mer et qu'il parait peu probable que des marins aient fondé une colonie si loin des c<>tes, dans les Apennins. Il semble plus rationel d'admettre que l'importation à Rome du rite de l'inhumation est due aux populations venues du Nord dont nous avons suivi les nécropoles jusque dans l'Ombrie.

9. Revenons vers le nord à ces tribus que nous avons quittées abordant les eûtes de la Belgique près de l'embouchure de l'Escaut et préludant à une nouvelle invasion du continent européen.

Traversant le Brabant, elles atteignent la Meuse près de Namur et se répandent dans l'Ardenne; puis s'avancent en éventail, vers l'ouest par Laon, Reims, Chàlons jusqu'à Paris ; vers l'est, en contournant l'Eifel et pénétrant dans la Lorraine ; arrivées au Rhin, elles poursuivent leur route vers l'Alsace , la Franconie et le Wurtemberg. Il semble qu'elles ne dépassent pas de ce cûlé le Jura franconien mais qu'elles se dirigent vers le sud, et occupent la Forêt- Noire, la Souabe, la Bavière, la Haute-Autriche et le Tyrol. On les trouve à Innshriick, prêtes sans doute à franchir le col de Brenner pour rejoindre des populations de même religion occupant la Vénétie.

De la plaine d'Alsace, du pays de Bade et du .Wurtemberg, les tribus descendent vers le Jura dans la Franche- Comté et les collines suisses; puis, marchant vers le sud, elles envahissent la Savoie, le Dauphiné, les Alpes de Provence ainsi que les pentes qui limitent la vallée du ~hône du côté de la rive gauche de ce fleuve.

A l'ouest, elles se réunissent vers la Haute-Saône avec '. groupe qui occupait la Champagne et la Lorraine et qui, Ems le bassin de la Meuse, a atteint les crêtes des monts

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Faucilles ainsi que le plateau de Langres et s*étend dans la Bourgogne. Puis elles se divisent en deux branches; Tune, remontant le cours de T Allier, pénètre en Auvergne, traverse les monts de la Margeride et les Cévcnnes pour aboutir, sur la partie droite de la vallée du Rhône ; Tautre, allant vers le sud-ouest, occupe la Champagne berrichonne, le Poitou et la plaine des Charcutes où elle jette ses derniers rameaux. La ligne sud-est nord-ouest qui joint Draguignan, Nimes et Bordeaux, indique approximativement la limite méridionale atteinte en France par les tribus du rite de Tinhumation dont on ne retrouve, plus au midi, Jes tombeaux que dans les provinces du sud de T Espagne,

IX. — État social des tribus du rite de rinbumation. — Leurs aptitudes

spéciales.

1. D'après ce qui précède, les tribus du rite de l'inhumation jouissaient d'une puissante vitalité. Elles n'ont pas restreint leur expansion à des régions de même latitude, de même climat, dans des terrains de productions analogues. Elles n'ont pas imité les peuples adeptes de la crémation qui se sont maintenus dans une zone moyenne et tempérée ; elles ont envahi les steppes et les forêts des pays glacés du nord ainsi que les déserts au sable brûlant de l'Arabie. On trouve leurs traces dans les régions montagneuses et dans les dépressions marécageuses, sur les côtes maritimes et au centre des continents.

Suivant la nature du sol et le climat, elles ont exercé des professions diverses.. Dans les pays où elles n'ont rencontré aucune société antérieurement installée^ leurs différents groupes se sont adouués tour à tour à l'art pastoral, à la

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chasse, à la pèche, à la culture, à rindustrie métallurgique, mais, dans ces conditions d'existence si variées, il semble, d'après les mobiliers de leurs tombeaux, qu'ils ont été soumis h Tautorité de chefs guerriers. Dans ces tombes, où Ton rencontre le corps du défunt, orné d'un diadème et d'armes défensives en or, portant encore de brillantes armes offensives aux belles ciselures, accompagné du squelette de soa cheval richement caparaçonné, des cadavres de sa concubine et de ses serviteurs, on ne peut méconnaître le monument élevé à la mémoire d'un maître tout-puissant qui avait imposé par la force la soumission à ses esclaves. Pour assurer sa domination, ce chef absolu a conduit ses guerriers à la conquête des tribus voisines et les a enrichis de leurs dépouilles. De là le développement de l'instinct belliqueux de ces populations du nord, trouvant, dans le pillage facile des richesses de leurs ennemis plus favorisés par la nature, la satisfaction des jouissances que leur refusait leur sol glacé. « La stérilité des terres, dit Montesquieu *, rend les hommes industrieux, sobres, endurcis au travail, courageux, propres à la guerre; il faut bien qu'ils se procurent ce que le terrain leur refuse. La fertilité d'un pays donne, avec l'aisance, la mollesse et un certain amour pour la conservation de la vie. »

Par son audace et son habileté, le chef assurait la victoire, et, par suite, son autorité sur les siens était affermie. Ces derniers trouvèrent bientôt qu'il était plus facile d'acquérir le bien-être par un effort momentané que de l'obtenir par un labeur continu. La guerre et les arts qui s'y rattachent devinrent alors leur seule industrie. Ils cherchèrent le moyen de perfectionner les instruments utiles pour l'attaque. Leur armement et le harnachement de leurs

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