‹ Les populations primitivesChapitre 15 sur 150 · Denys d^Halicarnasse, Vil · texte numérisé non relu

Denys d^Halicarnasse, Vil

XXX INTRODICTION

celui de rincinération. Au v* siècle, d après Macrobe, la coutume de la crémation ne persistait qu'exceptionnellement. Toutefois, tant les anciennes traditions ont de force, quelques traces de ce rite funéraire subsistèrent encore jusqu'au temps de Charlemagne, puisque cet empereur, dans ses Capitulaires, en défendit les pratiques Sous les peines iCs plus sévères.

D'après ce qui précède, on peut admettre que les rites funéraires, conséquences de l'évolution religieuse de l'humanité, sont l'unique fil conducteur qui permette de suivre l'évolution de la vie des peuples.

La fusion de deux races influe sur les caractères physiques et intellectuels des individus. Elle donne lieu à un métissage qui se fait sentir dans les formes du squelette et même dans les articulations du langage. Rien de pareil ne semble s'être produit pour les coutumes funéraires. Ou bien les rites adoptés par l'une des races sont imposés à l'autre, ou bien les rites sont conservés distincts par chaque population. Jamais un mélange de ces coutumes en présence ne s'est effectué pour produire des coutumes mixtes permanentes.

La conservation invariable de chaque mode de rites funéraires donne au caractère moral et religieux qu'il représente une propriété distinctive de la plus grande valeur. Si nous constatons, en effet, que l'une de ces pratiques adoptée par une population, s'est transmise à ses descendants pendant une longue suite de siècles, elle deviendra, pour cette population, un caractère ethnique des plus prononcés. Partout où son existence nous sera révélée, nous pourrons conclure à l'affinité du peuple qui l'a adoptée avec la population primitive étudiée.

iHTtlODUCTtoN XXXI

En outre, si les fouilles archéologiques nous signalent, dans un pays déterminé, la substitution d'une coutume funéraire à une autre, nous aurons le droit d'en recherclier la cause dans l'arrivée d'un peuple envahisseur ayant imposé ses lois aux vaincus. Peut-éLre même nous sera-t-il possible de déterminer la contrée d'origine de ce peuple dominateur 7

De même, pour les familles réunies par un pacte commun sans avoir abdiqué les traditions de leurs ancêtres, nous saurons les dilîérencier et même indiquer les pays qui furent probablement leurs berceaux.

La permanence et l'invariabilité des coutumçs funé< raircs rendent enfin possible la détermination des régions parcourues par des groupes de tribus reliées entre elles par une certaine parenté. Il suffira, en effet, d'indiquer sur une carte géographique, à l'aide d'un signe conventionnel, les différents points oii les fouilles ont démontré qu'il avait jadis existé un mode spécial de sépulture. La réunion de ces points représentera la propagation d'une société primitive ayant le même culte des morts, et probablement la même origine.

Tel est ie principe de la méthode que nous avons adop* tée pour interpréter les documents archéologiques parvenus à notre connaissance ; méthode simple, dont l'exactitude sera encore confirmée par les arguments nouveaux que nous présenterons dans les pages qui suivent.

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