‹ Les populations primitivesChapitre 143 sur 150 · Don F.-J. Clavijero. — Historia antigua de Mexico · texte numérisé non relu

Don F.-J. Clavijero. — Historia antigua de Mexico

tribus primitives. Ces aptitudes ont puissamment contribué aux progrès de la civilisation ; grâce à elles, les matières premières, telles que Tétain, Tambre, etc., se sont répandues d'abord dans le monde ancien, puis les matières manufacturées et les produits de Tart. La découverte de nouvelles régions a développé les sciences et leur diffusion à la surface du globe. Le peuple, à qui l'on doit tous ces résultats, mérite donc d'être mentionné, bien que son ancienneté Tait fait oublier par l'histoire.

5. Le peuple de l'incinération a occupé, dans sa migralion, des pays accidentés ; il semble qu'il ait recherché un sol propice à l'art agricole et cependant assez rapproché des steppes montagneuses où les troupeaux pouvaient trouver en été de bons pâturages. Il a évité avec soin les plaines basses et marécageuses ainsi que les sommets élevés, couverts de forêts ; il s'est maintenu dans des terrains à altitudes moyennes, sur les pentes adoucies formées par les dépôts d'alluvions apportés par les torrents. La nature du sol, composé d'éléments peu compacts et facilement imprégné par les eaux descendant de la montagne, ainsi que le climat tempéré de la zone parcourue par les cultivateurs du rite de la crémation, ont favorisé les essais de culture. L'art pastoral, limité aux pâturages peu étendus des coteaux, est devenu un accessoire. La vie sédentaire s'est substituée à la vie nomade ; les déplacements des tribus ont été, pour ce motif, assez lents et de faible amplitude. L'accroissement de la population et, peut-être aussi, la pression exercée par de nouvelles migrations, ont seuls déterminé l'expansion d'une société dont les mobiliers funéraires indiquent les goûts simples et pacifiques. On a recueilli, en effet, dans leurs tombeaux des outils plutôt que des armes ; quant aux parures, elles ne révèlent aucun luxe ; on ne rencontre parmi elles nul spécimen d'un caractère artistique pouvant orner un chef puissant. L'unifor-

mité des ornements, trouvés au milieu des cendres, est la conséquence de Tégalité des conditions sociales. L'autorité n'était pas exercée par un maître redouté, qui apparaissait aux yeux de ses sujets avec une pompe éclatante, mais par un chef de famille qui partageait avec ses enfants les charges du travail journalier.

Celle organisation n'était pas favorable au développement des liens de solidarité, indispensables pour assurer la force de la défense commune. Malgré le courage individuel dont fait preuve le montagnard, surtout lorsqu'il s'oppose à l'invasion du sol qu'il a défriché avec peine, les populations du rite de la crémation furent en général dans de mauvaises conditions pour lutter contre les groupes aussi bien armés qu'elles. La nécessité de former des ligues au moment du danger, de désigner des chefs à la veille du combat, ne permettait pas de donner aux armées improvisées la cohésion exigée pour la résistance efficace contre des troupes disciplinées. La campagne du lieutenant de César, Crassus, dans l'Aquitaine *, est une preuve de l'exactitude de cette déduction.

Une autre observation démontre que les adeptes de la crémation n'ont pas été nomades comme ceux des rites mégalithiques.

Le pasteur a des loisirs dont il profite pour confectionner tous les objets nécessaires à son existence : il fabrique lui-même ses vêtements, ses ustensiles, sa vaisselle. Il n'en fut pas de même pour le peuple de l'incinération dont les outils, les parures, la céramique sont des produits de fabrication courante, œuvres d'ouvriers spéciaux et qu'il est facile de rattacher à un petit nombre de types. Cette modification dans les mobiliers funéraires est l'indice d'un état social différent. Les travaux de la culture absorbent le temps

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