Homère. Iliade^ livre XXIll
ii LES POPULATIONS PRIMITIVES
Hécube, est immolée sur le tombeau d'Achille par le fils de ce dernier *. Pendant les funérailles d'un roi scythe, on mettait dans^la même fosse : une de ses concubines, son écuyer, son échanson, son cuisinier, son ministre, un de ses serviteurs; et, au bout d'un an, on étranglait encore en son honneur une cinquantaine de ses serviteurs les plus utiles *.
Indépendamment de ces sacrifices imposés, il en existait de volontaires. César ^, dans le récit de la campagne de Crassus en Aquitaine, c'est-k-dire dans la région pyrénéenne, nous montre le chef Adcanluannus, entouré de ses soldurii, ses clients, qui partagent le sort de leur maître et se tuent eux-mêmes sur son corps s'il meurt de mort violente.
Ce dévouement des soldurii, rappelé par César, n'était-il pas le souvenir de l'ancienne coutume dont la trace subsisterait encore dans les restes recueillis sous l'allée couverte de Taillan, que nous avons explorée?
Nous ne pouvons l'affirmer; cependant il parait probable que les différences relevées dans les honneurs rendus aux morts inhumés sous le tumulus, doivent être attribuées à l'inégalité de l'état social des défunts. Les uns sont les clients de l'autre ; leur mort, volontaire ou non, a été la conséquence de celle du chef.
Si l'on admet cette conclusion, on est obligé de reconnaître que les corps des serviteurs n'ont été déposés dans le sanctuaire qu'après séparation complète des chairs et des os. Les squelettes ont donc été décharnés avant d'être portés dans l'ossuaire ; le transport en vrac des ossements explique l'absence de relation naturelle des membres entre eux.