César. De bello gallico
la description, était recouvert par un tertre ayant une base elliptique dont les grands axes avaient 35 mètres et 29 mètres de longueur. Le sommet s'élevait à 3 mètres au-dessus du sol. Le volume du remblai différait peu de 1,200 mètres cubes.
Cet énorme tumuius était un massif de galets noyés dans la terre rapportée. Vers le centre, les cailloux roulés étaient jointifs et constituaient une véritable maçonnerie, dont la limite était fixée par un cercle de 8 mètres de diamètre, tracé sur le sol naturel par de grosses pierres brutes et des fragments de blocs erratiques. L'un de ces derniers avait 1",40 de hauteur, sur 2 mètres environ de longueur.
Le déblaiement de ce massif mit à découvert un dolmen dont la table était une dalle en marbre de Lourdes, longue de 3",60, large de 2",30, épaisse de 0™,40. Sous le poids des pierres et des terres superposées, ce plafond avait été brisé en deux morceaux. Il était supporté à Tarrière par un bloc calcaire, haut de 2™,50, large de 2 mètres, épais de 0",30, placé presque verticalement et maintenu dans sa position par le poids de la dalle supérieure et grâce à un encastrement dans le sol naturel. Les constructeurs avaient, dans ce but, creusé le terrain de 0™,60 pour y loger le pied de la pierre formant l'arrière de la crypte, parallèlement à la direction nord-ouest.
Latéralement les parois étaient constituées :
i° Sur la face nord-est, par deux dalles en granit, posées sur le sol ; Tune, celle du côté nord, large de l'",20 et haute de 1°»,50; l'autre, large de l'",80 et haute de l"',2o. Le granit était décomposé, et, sous le poids du plafond, la dalle, contiguë à la paroi du fond, avait été renversée dans l'intérieur de la crypte, pulvérisant par sa chute une partie des ossements du cadavre déposé dans le dolmen.
2* Sur la surface sud-ouest, par trois blocs : deux petits en granit placés sur le sol et dont l'un complètement dé-
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composé; le troisième, près de Tenlrée, en calcaire grossier, très résistant, encastré par sa base dans une cavité de 0'",60de profondeur.
En avant de chacune de ces parois latérales et leur faisant prolongement, était posée debout une grosse pierre calcaire, formant limite d'une avenue qui protégeait l'entrée du monument mégalithique. Une dalle en calcaire, percée de trous circulaires, servait de porte; les trous ne paraissent pas avoir été faits intentionnellement, mais ils ont été sans doute utilisés par les constructeurs pour satisfaire à un usage prescrit parles rites religieux.
L'ensemble de ces blocs constituait une crypte dont les dimensions dans-œuvre étaient :
Hauteur moyenne 1»",40
Longueur 3'" ,00
Largeur moyenne l"»,2o
Le sol était à 0" 40 en contrebas du terrain naturel et formé par un dallage en argile comprimée.
C'est sur ce dallage qu'avait été déposé le mort, dont la plus grande partie du squelette avait été pulvérisée par la chute de l'une des grosses pierres de la paroi nord-est. Des fragments du crâne furent seuls recueillis.
Il semble que le corps avait été étendu le long de la paroi sud-ouest, la tête vers l'ouest appuyée contre le fond de la crypte. A sa droite avaient été placés quelques outils en silex, fragments de couteaux et de racloirs, et, à sa gauche, une petite hache votive en pierre percée à sa partie laplus effilée d'un trou de suspension.
Du même coté, c'est-à-dire à gauche du squelette, étaient deux vases : l'un, de forme ovoïde, terminé par un fond plat, muni d'une anse, était fait d'une pâte mal cuite et paraissait l'œuvre d'un ouvrier peu habile; l'autre, un peu mieux façonné, était formé d'une surface sphétiqYie sur-
Populations MÉGALiTiiiQits lo
montée d'un rebord rentrant, orné d'une anse et supporté par quatre petits pieds cylindriques.
Tel était le mobilier funéraire du dolmen.
A Textérieur, contre la paroi sud-ouest, on recueillit sur le sol naturel^ des ossements humains parmi lesquels on reconnut les fragments de trois crânes.
En outre, on trouva, à 2 mètres environ en avant de l'entrée du monument et au milieu de la muraille en galets :
!• Un petit anneau en pierre, parfaitement taillé et qui était placé à 0",40 au-dessus du sol ;
2° Un petit pot, assez grossièrement modelé, posé sur le sol à 0",50 environ et au sud-ouest de l'anneau.
Malgré la pauvreté du mobilier funéraire, le tumulus, dont nous venons de décrire la substructure, permet des constatations instructives. Ainsi, il n'est pas possible de douter que le monument, enseveli sous le tertre, a été retrouvé tel qu'il a été construit ; on n'a observé aucune trace de remaniement.
Or, nous avons vu d'abord une crypte mégalithique ne contenant que le squelette d'un seul individu, chef de clan ou de tribu, dont l'autorité, pendant sa vie, a justifié les honneurs qui lui ont été rendus après la mort. Autour de ce dolmen, une vaste enceinte circulaire, faite de grosses pierres ou de murailles en galets, sert de limite à un terrain consacré sur lequel ont été placés les ossements de trois individus au moins. L'emplacement de ces restes, et le désordre dans lequel ils ont été trouvés, sont un indice caractéristique de la différence qui a existé entre la situation hiérarchique de ces morts et celle du défunt abrité dans la crypte. Nous sommes ainsi conduit, par cette observation, aux mêmes conclusions ^ui ont paru s'imposer par l'étude de l'allée couverte, précédemment décrite. Les inhumés de l'enceinte ont été probablement les victimes sacrifiées aux
mânes du maitre en rhonneur de qui a été élevé le monument funèbre ; leurs ossements ont été déposés comme une offrande après avoir été dépouillés des chairs qui les recouvraient.
5. Telles sont les observations que nous avons faites dans les trois monuments mégalithiques qui , de tous ceux que nous avons explorés, présentaient la meilleure conservation. Ils n'avaient assurément, depuis Tépoque où ils avaient été recouverts par le massif du tumulus, subi aucune violation.
Nous pouvons ajouter qu'on a retrouvé dans les fouilles des débris de foyers. La présence dans les remblais, et parfois dans les terres remplissant les caveaux, de morceaux de charbon de bois, restes de la combustion de gros arbres, indique que le feu a joué un rôle dans les cérémonies funèbres.
Mais quel fut ce rôle ? Rien, dans nos constatations, ne semble le définir. Fort heureusement, nous en trouvons peut-être une explication dans les résultats des fouilles, exécutées par M. Piette \ des tumulus de Bartrès et d'Ossun faisant partie de la môme nécropole pyrénéenne que les tombelles étudiées plus haut.
Au-dessus des dolmens de Pouy-Mayou et de Puyo-Espy, M. Piette a, en effet, remarqué la présence de vastes foyers couronnant les sommets des tertres et à peine recouverts de quelques centimètres de terre. Au milieu des cendres et des charbons du premier apparaissaient des parcelles d'ossements non humains calcinés. On peut donc supposer que les funérailles se terminaient parfois par un repas.
Ainsi se dessine pour nous la succession des cérémonies qui avaient pour but de rendre à un chef tout-puissant les derniers hommages, à cette époque lointaine où l'on êle-