‹ Les populations primitivesChapitre 29 sur 150 · Ed. Piette. Hiatus et lacune, Beaugency · texte numérisé non relu

Ed. Piette. Hiatus et lacune, Beaugency

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point de vue physique. Lui attribuer des caractères anatomiques et physiologiques assez permanents pour le faire reconnaître à ses différentes étapes serait nier Tinfluence des croisements qui se sont produits àTinfini dans le cours de ses migrations et les modifications fatalement introduites dans la constitution des individus par Faction des milieux les plus divers auxquels ils ont été soumis. « Quand il s*agit des hommes vraiment néolithiques, dit M. de Quatrefages, deux faits méritent surtout d'appeler l'attention, savoir :. la diversité des races et l'uniformité fondamentale de leur état social. » Et, en effet, qu'ils soient brachycéphales ou dolichocéphales, ils [savent pétrir l'argile et façonner des poteries d'une forme élégante et originale, ils polissent leurs haches et certains outils avec une merveilleuse habileté ; enfin, sous l'influence d'une idée religieuse commune, ils élèvent des dolmens pour y déposer les restes de leurs morts.

2. Remarquons, toutefois, qu'il y a lieu d'établir une distinction entre les populations néolithiques et les tribus mégalithiques.

Il existe certains pays où l'on a constaté la présence d'objets en pierre polie et où, cependant, on a cherché en vain des traces de monuments mégalithiques. Sans doute ces derniers ont pu disparaître par l'action du temps et des révolutions; cependant, leur absence provient peut-être aussi de ce que le peuple des dolmens n'a pas envahi ces régions.

Assurément les tribus mégalithiques ont connu la civilisation néolithique ; elles apparaissent incontestablement comme telles dans le Nord, mais, à mesure qu'elles se rapprochent des côtes de la Méditerranée, elles semblent posséder des objets en métal, en quantité minime il est vrai. Quoi qu'il en soit, elles ont, dans le cours de leur migration, perfectionné leur outillage et franchi les premiers degrés de la civilisation des métaux.

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C'est ici que nous saisissons les imperfections d'une nomenclature basée exclusivement sur la classification des mobiliers recueillis dans les fouilles. Les âges de la pierre polie, du bronze et du fer des archéologues représentent des états de civilisation qu'ont parcourus probablement, pendant leurs migrations, tous les groupes des tribus qui se sont répartis sur la surface du globe. Un des premiers de ces groupes, celui des dolmens, s'est révélé comme possédant surtout un mobilier de pierre polie ; mais il serait peu rationnel d'en conclure que toutes les tribus néolithiques ont fait nécessairement partie de la population mégalithique.

La civilisation de la pierre polie n'a peut-être été que la conséquence naturelle des civilisations antérieures. Les découvertes de M. Piette, qui ont démontré la continuité du progrés des outillages en pierre chez les habitants des Pyrénées, rendent inutile l'hypothèse d'une migration pour expliquer le polissage des ciseaux, des racloirs, des grattoirs, des pointes de lance ou de flèche en silex ^

Il n'en est pas de même pour comprendre la similitude des formes de ces monuments funéraires que l'on rencontre dans des pays éloignés les uns des autres, l'Inde et la Gaule. Ici, il faut admettre nécessairement une transmission des dogmes d'une religion par le déplacement des tribus. Les adeptes de cette religion spéciale, dont le culte des morts nous a été conservé, ne disposaient pas, il est vrai, à l'origine du moins, d'autres moyens pour satisfaire leurs besoins journaliers que ceux possédés par les populations troglodytiques qu'ils rencontraient, mais l'existence même de leurs croyances uniformes est la preuve d'une organisation sociale qui leur donnait une supériorité incontestable sur des tribus isolées, sans lien de confrater-

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