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Tacite. Vie de Julius Agricola, Xî

POPULATIONS MÉGALITUIQUES 37

de TAdour, près de Dax, àTouest, jusqu'aux rives de TAude, à Test. Les tertres qui la constituent recouvrent, les uns, des monuments mégalithiques, les autres, des sépultures incinérées. Les observations faites pendant les fouilles de ces tumulus rendent extrêmement probable Pinvasion d'une population connaissant l'emploi des métaux et suivant les coutumes de l'incinération, au milieu des tribus mégalithiques plus imparfaitement outillées et par conséquent incapables de résister aux nouveaux arrivants. Ces derniers semblent s'être installés sur le territoire précédemment occupé par les vaincus et y avoir apporté, avec l'emploi des métaux et leur culte spécial des morts, une civilisation nouvelle qui a dû persister jusqu'à Tépoque de l'invasion romaine. Une partie des anciens possesseurs du sol est peut-être restée mélangée avec les conquérants dont elle a accepté les mœurs et les arts plus perfectionnés. Les autres, plus indépendants, ont refusé de subir l'ascendant des vainqueurs, ont gagné les montagnes les plus élevées, et, traversant les cols, ont pénétré soit en Espagne, soit dans les vallées latérales occupées déjà par des peuples de leur race.

Ce qui est certain c'est que, dans le territoire occupé par les nouveaux immigrants, lès dolmens sont les monuments funéraires les plus anciens et cessent d'être construits dès que le rite de l'incinération apparaît. En dehors de la région définie par la nécropole, au contraire, à l'est de la vallée de l'Aude, les tumulus à incinération n'ont pas été rencontrés jusqu'ici ; seuls les monuments mégalithiques ont subsisté. La région orientale des Pyrénées, les Corbières, le littoral méditerranéen semblent donc n'avoir pas reçu la visite des conquérants venus du nord-est.

Telles sont les constatations archéologiques.

D'autre part, si Ton consulte les auteurs anciens, on recueille quelques renseignements, assez vagues il est

vrai, mais qui, joints aux observations précédentes, permettent d*énoncer certaines hypothèses probables.

Pour les anciens, Toccident était inconnu. On sait qu*Hérodote, cet historien d*ailleurs si consciencieux, indiquait les sources du Danube près de la ville de Pyrène. Au point de vue géographique, l'ignorance était telle que même au ii*' siècle de notre ère, Ptolémée plaçait Ruscinon (Perpignan) au nord de Narbonne, et Toulouse à Test de Nîmes. A l'incertitude des renseignements fournis par les rares voyageurs ayant parcouru ces contrées, s'ajoutait encore la confusion des noms variables des tribus appartenant par leur civilisation à un même groupe ethnique. Etienne de Byzance rappelle à ce sujet un texte d'Hérodore d'Héraclée pontique, qui écrivait au vi* siècle avant notre ère dans le x« de ses Livres sur Héraclès :

« Cette race ibérique, qui habite les rivages que sépare la traversée du pays, porte des noms divers, malgré son unité, selon les peuplades qui la composent. D'abord, ceux qui habitent aux extrémités occidentales se nomment Cynètes ; à partir de chez eux, en allant au nord, on trouve les Glètes, puis les Tartésies, et après les Elbysinies, ensuite les Mastiènes, ensuite les Gelcians et tout de suite après le Rhodan. »

Les Cynètes ou Cynésiens étaient, d'après Hérodote*, les derniers peuples de l'Europe du côté du couchant. Ils occupaient le pays attenant au cap sacré en Ibérie (cap Saint-Vincent) et auquel Strabon ^ donne le nom de Cuneus à cause de la forme en coin qu'affecte le promontoire* D'après ce dernier géographe, Artémidore, qui aurait visité ce pays au ii® siècle avant notre ère, aurait constaté sur le promontoire sacré que les seuls monuments existant étaient des groupes de trois ou quatre pierres ; ce qui semble bien

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