Hérodote. Histoire, II, 33 et IV
*>.. Strabon. Géofjr., lll, 1, §4.
POPULATIONS MÉGALITUIOUES 39
rappeler les dolmens dont on retrouve encore les restes dans la province voisine de J'Alentejo.
Cette extension de la race ibérique du cap sacré au Rhône prouve que les anciens considéraient comme rattachées au même groupe non seulement les tribus occupant l'Espagne, mais encore celles du versant septentrional des Pyrénées. Les Aquitains, dit Strabon*, se rapprochent bien plus des Ibères que des Galates.
Les traditions avaient, en outre, conservé le souvenir des luttes qui avaient existé entre les Celtes et les Ibères.
a Anciennement, dit Diodore de Sicile ^, les Ibères et les Celtes se firent la guerre pour la possession du pays ; mais ils s'accordèrent ensuite pour l'habiter en commun; ils s'unirent même par des mariages, d'où un mélange auquel ils doivent le nom de Celtibères, »
Appien' rapporte les mômes faits. Il ignore, dit-il, quels furent les premiers habitants de l'Ibérie, mais il peut ajouter que les Celtes semblent avoir franchi jadis les Pyrénées et avoir habité avec les premiers occupants. De là est venu le nom de Celtibères.
Quelque concis qu'ils soient, ces textes suffisent pour montrer l'accord qui existe entre les traditions rapportées par les anciens historiens et les faits révélés par les monuments archéologiques. On y constate la lutte de deux peuples, dont l'un a dépossédé l'autre, et la formation d'un état social nouveau qui a persisté jusqu'à la conquête romaine. Avec les faibles ressources de la civilisation mégalithique, la population ibérienne n'a pu, malgré le courage de ses guerriers, résister p l'attaque des Celtes, mieux outillés que leurs ennemis. Elle a été obligée de se soumettre et a été assimilée par ses vainqueurs. Cependant