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Vendidad. Fnrgnrd, VI, 92etsuiv

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qu'ils ont rencontrés sur le plateau de Tlran. De même ^ue les Druides ont, dit-on, été obligés d'adopter les usages barbares des sacrifices humains pour satisfaire aux idées des tribus mégalithiques dont les descendants constituaient le fond de la population de la Gaule, peut-être aussi les ministres du culte Mazdéen ont-ils subi l'influence du peuple antérieurement installé sur le plateau de l'Iran.

On pourrait objecter à cette thèse que les Perses modernes se contentent de déposer les morts dans « les tours du silence » où les chairs sont dévorées par les oiseaux de proie et où les os sont ensuite conservés. M. Jivanji Jamshedijé Modi, grand prêtre parsi de Bombay, fait lui-même la remarque que les anciens Perses paraissent avoir eu la coutume de déposer les ossements dépouillés de la chair dans des réceptacles isolés*. Le sixième chapitre du Vendidâd traite séparément de deux opérations différentes qu'il prescrit l'une et l'autre ; Tune consiste à déposer les corps sur le sommet d'une montagne, exposés aux rayons du soleil, l'autre à recueillir les ossements après que la chair a été dévorée. Ce second procédé rappelle celui probablement adopté par le peuple des dolmens. Le Dadistan-i-Dlm, ouvrage pehlvi, décrit les ossuaires, dits astodons, où ces restes doivent être conservés ; ils sont tous semblables à ceux que M. Dieulafoy a rapportés de Perse. La conserva tion des ossements avait pour but, dit M. Jivanji Jameshedijé Modi, de rendre possible la future résurrection des morts qui doivent, selon la doctrine des Parsis, « se relever de leurs os ».

Or, les ossuaires, rapportés de Susiane par M. Dieulafoy, sont des jarres de terre contenant des ossements 2. On en a

1. Comptes rendus de rAcadémie des I. et B. L., séance du 30 octobre 1889, et Rev, arch.^ 3* série, tome XIV, novembre-dt'cembre 1889.

2. Comptes rendus de l^Académie des I. et B. L., 1886, page 373. Expédition en Susiane, par M. Dieulafoy. — Comptes rendus, idem^ 1889, page 362.

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trouvé encore faits de pierre, à peu prés carrés, mais ils sont très rares. Un d'eux, en pierre blanche, est couvert par une dalle ; il a vingt-huit pouces de longueur, quatorze de largeur et dix de profondeur. L'épaisseur est d'environ un pouce.

Serait-ce la transition du cist au mode d'ensevelissement en jarres? Et la coutume de déposer les ossements après le décliarnement dans un monument mégalithique se seraitelle modifiée suivant les ressources du pays en matériaux, l'ossuaire devenant un dolmen plus petit, un cist, et enfin un cercueil en poterie?

5. Cette hypothèse expliquerait les résultats des fouilles récentes faites par M. J. E. Gautier dans la haute vallée de l'Oronte (Nahr-el-Asi), en Syrie*.

Le tumulus Tell-el-Tin est situé dans une île du lac de Homs. Il contenait des chambres funéraires orientées de l'est à l'ouest. Les cadavres y reposaient, couchés sur le côté, le crâne au levant, les jambes repliées et ramassées sur la poitrine; ils étaient enfermés dans une sorte de gangue faite de cette argile fine employée dans le pays comme terre à poterie. Des vases accompagnaient toujours le corps ; on en voit généralement deux petits placés près de la tête.

Ces sépultures se composaient le plus souvent d'un puits en pierres sèches n'ayant guère que 0". 70 de profondeur, recouvert de grosses dalles de basalte non équarries. Audessous du puits, le revêtement cesse et un espace légèrement plus large est disposé pour recevoir les corps qui sont placés côte à côte, Dans ces tombes collectives, les inhumations ont été évidemment faites simultanément dans la chambre funèbre, et on est obligé d'en conclure que ces tombeaux sont ceux de guerriers inhumés un soir de ba-

1. Comptes rendus A. I. el B. L., 1895, page 44. Noie sur les fouilles entreprises dans la haute vallée de TOronte, par J.-E. Gautier.

taille, ou bien des ossuaires. La seconde hypothèse est la plus probable, car le mobilier funéraire ne semble pas avoir été déposé à la hâte. Au-dessus des squelettes, dans une couche de débris de charbon où se rencontrent des restes de festin, des os de bœuf et de mouton, étaient des armes en bronze, des fibules, des épingles, des fragments de collier avec perles de cornaline, des poteries. Les nécropoles explorées par M. J. de Morgan ont présenté des dispositions analogues.

Ces dernières sont situées dans le Lenkoran, au pays des Taliches, au sud d'Érivan sur la côte sud-ouest de la mer Caspienne ^

Les sépultures étudiées sont distribuées dans un pays accidenté; elles se divisent en quatre classes, savoir :

1** Dolmens de grandes dimensions renfermant des armes de bronze sans poignée métallique [Kravéladi (altitude : 180 mètres), Razgoour (altitude : 1,870 mètres), Mistan (altitude : 1,915 mètres), etc.]

2° Cists ou dolmens plus petits contenant des armes de bronze munies de poignées de même métal et coulées d'un seul jet [Véri (altitude : 1,310 mètres); Djûonu (altitude : 1,730 mètres)].

3® Cists marquant la transition des instruments de bronze à ceux du fer [Djiionu (altitude : 1,730 mètres), Hivéri (altitude : 1,820 mètres)].

4** Cists ne renfermant que des armes en fer [Djùonû (altitude : 1,730 mètres), Aspa-Hiz (altitude : 1,745 mètres].

Toutes ces sépultures contenaient des ossements. Les grands dolmens ont été employés à plusieurs reprises ; les armes en métal qu'ils renferment sont donc peut-être le mobilier funéraire d'inhumations postérieures à la cons-

1. Revue archéologique y^^ série, tome XVI, juillet-août 1890, page 1. Les nécropoles préhistoriques du nord de la Perse, par M. J. de Morgan.

Iruction du tombeau. On y retrouva, d'ailleurs, des pointes de flèche en pierre.

Ces dolmens anciens sont placés sur les sommets des montagnes jusqu'à l'altitude de 2,750 mètres; ils sont de grandes dimensions (7 à 8 mètres de longueur sur 2 de largeur et 1",20 à i"',50 de hauteur), faits de grosses pierres, parfois composés de deux chambres séparées par une dalle entaillée d'une ouverture demi-circulaire assez large pour que le corps d'un homme puisse y passer. Lorsque, dans le pays, les matériaux de grande taille sont peu abondants, le couvercle seul du dolmen est formé de grandes dalles et les côtés se composent de murailles en pierres sèches.

Ces monuments sont isolés ou par groupes de quatre ou cinq; ils sont semblables à ceux qu'on rencontre dans les Indes, dans toute l'Europe et au nord de la grande chaîne du Caucase, dans le Kouban.

Les sépultures de la deuxième et de la troisième classe sont généralement aussi par petits groupes et les tombes les moins anciennes d'après leur mobilier forment de véritables nécropoles renfermant 150 ou 200 cists.

Les dimensions sont plus faibles que celles des dolmens ; elles varient entre 2'",50 X l'»,20 X 0'»,80 et i'»,00 X 0^,80 X 0",60.

Toutes ces sépultures sont ou libres dans la terre ou recouvertes de tumulus de terre ou de pierres. Dans le cas où le tumulus est en terre, il est bordé d'une rangée de gros cailloux entourant sa base.

En outre, on rencontre rarement dans les parties hautes du pays, mais fréquemment dans les basses vallées, des cercles de grosses pierres de 2 à 5 mètres de diamètre, entourant trois ou quatre grosses roches placées debout au centre du cercle .

Les tombes ont été disposées sans orientation fixe aux diverses époques. Quant à la position des squelettes, elle

est accroupie, les cadavres étant repliés sur eux-mêmes d^autant plus que le cist est moins grand. En général, un tombeau renferme plusieurs corps, un homme et plusieurs femmes sans doute sacrifiées en Thonneur du guerrier défunt.

Les mobiliers des dolmens sont pauvres ; la céramique, faite au tour ou à la main, ne porte aucune ornementation ; elle est généralement noirâtre, mal cuite et très fragile.

Les sépultures de la deuxième classe ont été presque toutes violées parce qu'elles contenaient des bijoux d'or. Près des hommes étaient des armes : épée, poignard, couteau, pointes de flèche et de javelot. Près des femmes : des colliers de perles en cornaline, des bracelets en bronze, des boutons d'or repoussé, etc. Enfin, on a recueilli un vase revêtu d'une couche de vernis bleu semblable à un vase de Persépolis.

A l'époque de transition, le mobilier est plus pauvre, et, avec le fer, on trouve une céramique avec formes d'oiseaux, de bœufs, de chevaux.

Dans cette succession de sépultures l'apparition du bronze et du fer ne parait pas avoir modifié sensiblement les caractères généraux des rites funéraires, aucune révolution ne révèle un mélange de populations ; les Pré-Taliches, constructeurs des dolmens, sont les ancêtres des Taliches actuels.

L'archéologie démontre ainsi que la coutume du décharnement, dans certaines parties de la Perse, remontait à la haute antiquité où le peuple des dolmens occupait ces régions. Il n'est donc pas téméraire de supposer que les rites funéraires des Mazdéens soient la survivance des pratiques importées dans le pays par les tribus mégalithiques.

Comme conséquence, nous estimons qu'il a existé des relations entre les constructeurs des mégalithes du Caucase et ceux de l'Inde. Le peuple des dolmens a traversé le pla-

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teau de l'Iran, mais dans quel sens? Nous ne pouvons le déterminer. Est-il parti du Caucase, de l'Inde ou d'un pays intermédiaire ? Rien ne nous permet d'énoncer une hypothèse à cet égard.

Vil. — CoDcluaions auxquelles conduisent les études qui précèdent.

1. Les conclusions, auxquelles conduisent les études qui précédent, peuvent être résumées de la manière suivante :

11 est probable que des tribus, primitivement pastorales, ayant des rites funéraires communs et une civilisation analogue, ont tracé dans le monde ancien une vaste trajectoire. Nous ignorons leur point de départ, mais nous savons qu'elles ont occupé la Péninsule himloustanique et nous supposons qu'elles ont traversé le plateau de l'Iran ; arrivées aux montagnes du Caucase, une partie d'entre elles les ont franchies ; les autres, se dirigeant vers le sud-ouest, ont établi leur séjour en Syrie et e peut-être avancées jusqu'au Sinaï.

Celles qui avaient continué leur r ont occupé le Daghestan, le Kouban, steppes de la Russie méridionale, la ' jusqu'aux monts Balkans, contoum< Bukovine et la Galicie, les chalu débouché dans la plaine de l'Allema se sont étendues le long de la Balti Nord jusqu'aux Pays-Bas.

La nécessité de traverser, dans ces grands fleuves comme la Vistule, !'( leurs nombreux affluents et les rei fournies à leurs troupeaux par de i forcé quelques tribus à se livrer k la

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cher dans la pêche un complément de moyens d'existence. Leurs progrès dans Tart de conduire les barques à travers de vastes estuaires et bientôt en pleine mer leur permettent un premier essai d^invasion dans le sud de la Suède et môme jusqu'en Angleterre et en Irlande. De là, elles retournent vers le continent et s'établissent dans le nord, l'ouest et le centre de la Gaule après avoir tourné par mer la barrière de forêts infranchissables pour elles qui couvrait les abords du Rhin.

Dans la Gaule, elles ont trouvé des terres fertiles ; elles s'y maintiennent jusqu'au moment où l'invasion d'un peuple nouveau, possesseur d'armes en métal, arrive des bords du Danube. Pénétrant comme un coin au milieu des populations mégalithiques, les envahisseurs s'assimilent les unes, refoulent les autres. Parmi ces dernières, quelques-unes suivent les bords de la Méditerranée et jettent jusqu'en Étrurie, en Corse et même dans la terre d'Otrante les traces de leurs tombeaux; puis, sous l'influence de la civilisation plus perfectionnée des tribus qu'elles rencontrent, elles perdent peu à peu les vieilles coutumes de leurs ancêtres.

Les peuples mégalithiques qui avaient déjà occupé l'Espagne sont à leur tour envahis. Ils semblent conserver sur les côtes seulement de l'Océan et de la Méditerranée une certaine autonomie, grâce, sans doute, à leur habileté de navigateurs, puis, refoulés, ils traversent le détroit de Gibraltar et se répandent dans le Tell et les hauts plateaux de l'Algérie. Ils ont laissé des vestiges de leur passage en Tunisie où ils ont jeté un dernier éclat, lançant quelques colonies dont les dernières traces, peu nombreuses en Grèce et en Tripolitaine, accusent les efforts suprêmes d'une civilisation qui s'éteint ou qui se tranforme.

VIII. -^ Relations qui doivent exister entre les mégalithes et les constructions dites pélasgiques ou cyclopéennes.

1. L'archéologie nous révèle dans le bassin méditerranéen, dans les îles et sur les continents, des constructions dites cyclopéennes qui paraissent être une réminiscence de ces gigantesques monuments de grosses pierres, œuvres du peuple des dolmens.

Ainsi que nous Tavons constaté, les tribus mégalithiques avaient joint, dès la plus haute antiquité, à leur industrie pastorale Texercice de Tart de la navigation. Un grand nombre d'entre elles, celles surtout connues sous le nom d'Ibères d'Occident, ont laissé dans les légendes le souvenir de hardis navigateurs, s'exposant sans crainte aux plus terribles tempêtes de la Méditerranée dans des esquifs sans résistance, que la moindre erreur dans la conduite à travers les vagues devait faire submerger. Des côtes de l'Espagne, de la Gaule, de l'Italie, même de l'Afrique, elles ont dû gagner la Grèce et y retrouver probablement des populations de même civilisation, venant de la mer Noire et établies depuis longtemps dans ces parages.

Dans les étapes successives de leur migration elles avaient appris à connaître les propriétés de certains métaux. Oq a retrouvé dans les dolmens de la Gaule des objets en bronze; dans ceux de l'Afrique septentrionale, des objets eu bronze et en fer. Sans doute, elles n'avaient pas possédé ces métaux en assez grande quantité pour en fabriquer des armes ainsi que le pouvaient les ennemis qui les chassèrent vers les Pyrénées, mais elles en possédaient suffisamment pour fabriquer quelques outils aptes à tailler la pierre.

Ce fait semble hors de doute lorsqu'on examine les ornements creusés sur les parois de certains dolmens et, en particulier, la pierre sculptée trouvée dans la sépulture

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mégalithique de Collorgues, près d'Uzès (Gard). Le dessin ressorti en bas-relief n'a pu être tracé qu'avec l'aide d'instruments durs ayant permis d'aplanir la dalle.

Le développement des échanges, le contact plus étendu avec des peuples mieux approvisionnés, devaient amener fatalement les tribus mégalithiques à se servir de plus en plus d'outils en métal pour enlever au moins les plus grosses aspérités des pierres qu'elles mettaient en œuvre. Il n'y avait plus alors qu'un perfectionnement naturel à atteindre pour préparer les moellons presque informes dont sont faites les murailles de Tyrinthe et de Mycénes, et enûn pour tailler grossièrement les gros blocs rectangulaires qui encadrent la porte aux Lions de Mycénes et les parois du trésor d'Atrée.

En tout cas, ce qui frappe au premier abord en comparant les constructions cyclopéennes avec celles des mégalithes, c'est l'uniformité du plan et l'emploi de la voûte plate et horizontale portée par des supports verticaux. Peut-être une étude spéciale montrerait-elle dans les dolmens les ancêtres des temples grecs ?

Rappelons ici quelques textes :

« Il ne reste de Tirynthe, dit Pausanias*, que les murs, qui sont l'ouvrage des Cyclopes. Ils sont construits de pierres brutes^ toutes d'une telle dimension que deux mulets attelés n'ébranleraient même pas la plus petite. Les interstices sont remplis de petites pierres qui servent de liaison aux grosses. »

Et ailleurs 2, le même auteur rappelle que : « Ton voit encore à Mycénes quelques vestiges de murs et une porte sur laquelle sont des lions. Tout cela est, dit-on, l'ouvrage des Cyclopes, qui bâtirent aussi pour Prœtus les murs de Tirynthe ».

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