Antiquités de la Russie méridionale
TRIBUS nu BITE DE l'I-MCINÉHATION 71
relevé encore un ^and nombre de tumulus parmi lesquels se trouvent des sépultures à ÎDcinération. Le tertre d'Anpaou, par exemple, haut de 17 mètres, ayant une circonférence à la base de 5,100 mètres, n'était qu'un amas d'ossements provenant de cadavres incinérés. Quelques restes étaient déposés dans des vases, les autres étaient simplement enfouis sous terre.
Au Caucase, le cimetière de Quittero, dans le Daghestan occidental, renferme des tombeaux à incinération '. Les cendres étaient enfermées dans des sacs de toile avec des bijoux, bracelets cordés en bronze, anneaux de bronze ; le tout sans aucun art.
Plus à l'ouest, aux environs de Novotcherkask (province du Don), on a trouvé encore des traces d'incinération dans le tumulus de Khokhiatsh ; mais il semble que ces sépultures sont à la limite du terrain occupé dans cette région par les tribus du rite de l'incinération. L'influence des coloniea grecques y est rendue manifeste par la nature du mobilier funéraire qui les accompagne.
11 en est de même pour les sépultures rencontrées dans les tertres qui sont en grand nombre sur la côte asiatique du Bosphore, dans la presqu'île de Taman, sur les collines qui bordent la rivière de Kouban, aux environs de Taman Pt d'Anapa. A côté de l'urne cinéraire on voit le caveau sépulcral.
Prés du village de Navogregorievka, sur les rives de la Kouka, on a trouvé des tombes à incinération d'une cons- Iruction particulière ^ Elles étaient sans remblai et couvertes de pierres entassées; on y recueillit un mobilier funéraire composé d'une épée en fer, de pointes de flèche 61 fer et de plaques d'or.
l. itmue arc/i., 3° itérie, tome V, janvier- février 1S85. Souvenirs du Caucau, par Germaio Bapst.
-• Antiquités de la Riitiie mêridionatc.
7i LES POPULATIONS PRIMITIVES
Au sud de la mer Noire, dans la péninsule que Yotl appelle TAsie mineure, les poèmes homériques ont signalé la crémation comme le rite funéraire adopté. Jusqu'à présent, cependant, les fouilles n'ont pas mis ce fait bien en évidence. Citons seulement, dans cette région, la nécropole d'Assarlik près de Myndos (Carie) * qui est située sur une crête faisant face à Tacropole de la ville antique de Souagala.
Les corps ont tous été incinérés, et les cendres sont déposées dans de grandes amphores circulaires. Le mobilier consiste en bols à deux anses, cruches, amphores avec cercles concentriques ainsi qu'en fragments d'armes de fer, pointes de lance et couteaux recourbés. On y a trouvé aussi des spirales et un bandeau en or, des fibules en bronze, etc., etc.
La coutume de l'incinération aurait même pénétré dans l'Asie antérieure. D'après M. le docteur Polak on en aurait constaté l'existence en Syrie, et, suivant MM. Moritz, Koldeweg et L. Meyer ^, les Babyloniens du temps de Goudéa brûlaient leurs morts.
3. Europe, — En Europe, de nombreuses nécropoles à incinération ont été fouillées ; nous les étudierons en suivant de l'est à l'ouest les pays où elles ont été découvertes. Nous signalerons seulement, en passant, la Grèce où. les sépultures du rite de la crémation signalées semblent appartenir surtout à l'époque historique. Telles sont celles de la nécropole Sapountzaki, au nord-est du Dipylon ^, et celles du grand tumulus de Marathon *.
Notre examen portera d'abord sur les nécropoles des provinces danubiennes et de l'Autriche-Hongrie.
1. Revite arch.^ 3® série, tome X, juillet-août IS87, page 92.
2. Revue arch.^ 3« série, tome XI, janvier-février 1888, page 97.
3. Revue arch., 3' série, tome XXII, septembre-octobre 1893, p. 239. — Comptes rendus A. I. et B. L.. 1891, p. 284.
4. Rev. arch., 3® série, tome XVI, septembre-octobre 1890, p. 237. ,
Valachie. — D'après M. X. Odobesco \ la collection d'objets préhistoriques fondée à Bucarest par feu César Bolliac contient des urnes cinéraires provenant des stations situées en Valachie.
4. Hongrie. — La Hongrie possède un grand nombre de nécropoles dans lesquelles on rencontre soit le rite de Tinhumation, soit celui de l'incinération. Les sépultures incinérées semblent avoir été groupées dans les régions montagneuses, tandis que celles inhumées ont principalement été déposées dans la grande plaine arrosée par le Danube et la Theiss (Tisza).
En effet ^, au sud-est, sur la rive droite du Danube, nous trouvons, entre la Raab et la Drave, les coteaux des monts Barony qui ont reçu les sépultures incinérées des anciens habitants des comitats de Fejervar, de Veszprem, de Samogy et de Zala. Ces coteaux, qui sont une dernière ramification méridionale des monts de Hongrie, coupée par le Danube entre les monts de Visegrad et les montagnes Vertes, étaient facilement accessibles pour des tribus venant des Alpes de Styrie. Le passage entre la Raab et la Zala était sans difficulté.
La forme des tombeaux présentait des différences assez notables dans les nécropoles de la rive droite du Danube. Dans le comitat de Somogy, par exemple, on trouve les tumulus de Szalacska, vis-k-vis de Berki, sur la rive droite du Kapos, disposés sur la crête semi-circulaire d'une colline, détachant quelques groupes seulement dans la plaine au midi.
Or, dans cette nécropole, les grands tertres recouvrent des voûtes faites de moellons et protégeant les sépultures ; les petits, au contraire, sont élevés sur les cendres et n'ont