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Hérules (489-493) et fondèrent dans ce pays le royaume des Ostrogoths qui tomba sous les coups de Bélisaire et de Narsès (S34-553). Ils passèrent alors en Norique et n'existèrent plus comme nation.
Les Gépides étaient restés dans leur territoire primitif; mais leur royaume fut détruit en 567 par les Lombards unis aux Avares.
Ainsi disparut la puissance des Goths qui avait duré deux siècles environ. Mais, si ces envahisseurs avaient cessé de donner leur nom à des royaumes, ils n'en avaient pas moins laissé, dans les contrées qu'ils avaient occupées, l'empreinte de leurs mœurs et de leur type d'hommes du Nord.
5. Les Vandales habitèrent successivement entre la Vistule et l'Oder, sur les côtes de la Baltique, entre l'Oder et l'Elbe, vers la Lusace des modernes, puis, au ii^ siècle, plus au sud, dans le banat de Temesvar. Unis aux Alains et aux Suèves, ils franchirent le Rhin à la fin de 406, envahirent la Gaule et pénétrèrent en Espagne en 409. Pressés par les Wisigoths, ils quittèrent ce dernier pays en 428, passèrent en Afrique, s'établirent en Mauritanie et prirent Carthage pour capitale. Ils étendirent leurs dévastations sur tout le littoral de la Méditerranée, pillèrent Rome pendant quatorze jours (455), et furent exterminés par Bélisaire en 534.
6. Les Alains, qui les accompagnaient, étaient de race scythique; ils erraient avec leurs troupeaux dans les steppes au nord du Caucase, dans les gouvernements russes actuels du Caucase et d'Astrakan, lorsque les Huns les soumirent, vers 375, et en entraînèrent avec eux la plus grande partie. Le reste s'enfuit dans les gorges du
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Caucase, où il vit encore sous le nom d'Ossèles, ou bien alla se joindre aux Vandales.
7. Les Suèves n'étaient pas une nation, mais une bande d'aventuriers. Au ni^ siècle, ils formaient une ligne dont le siège principal fut le sud-ouest de la Germanie, depuis le Rhin (vers Bâle) jusqu'au Mein, à la Saale et au Danube, à peu près ce qu'on a nommé depuis la Souabe. Au v*^ siècle, ils firent partie, avec les Alains et les Vandales, des peuples qui envahirent la Gaule et TEspagne.
8. Sous Tibère , les Lombards habitaient la région comprise entre l'Aller (affluent du Weser) et l'Elbe ; ils se portèrent ensuite sur l'Aller, la Leine et jusqu'au Weser, et entre ce fleuve et le Rhin. Après avoir disparu pendant deux siècles, ils vinrent occuper l'ancienne Rugie dont ils dépossédèrent les Hérules et s'installèrent près du Danube, voisins des Gépides dont la Theiss les séparait. Bientôt ils détruisirent, de concert avec les Avares, le royaume gépide (367) et passèrent en Italie (368) ; ils conquirent rapidement (368-372) la plus grande partie de ce pays où ils se fixèrent. En 774, Charlemagne détruisit la monarchie lombarde.
9. Les Burgundes occupèrent d'abord la Germanie septentrionale entre l'Oder et la Vistule, sur les deux rives de la Warta. Chassés par les Gépides, ils se divisèrent en deux groupes dont l'un occupa l'île de Bornholm dans la mer Baltique. L'autre envahit la Gaule (280) ; il en fut expulsé par Probus et il s'établit près des sources du Mein. En 363, Jovien les laissa s'installer sur les confins de la Séquanaise et de la deuxième Germanie. De là, ils pénétrèrent dans l'est de la Gaule. Au
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VI* siècle, le royaume des Burgundes comprenait tout le bassin du Rhône.
10. Les Francs étaient une confédération de Germains du nord-ouest; ils se divisaient en plusieurs tribus. I/une d'elles, celle des Francs saliens, habitait sur les bords de la Sala (Yssel) et s'établit ensuite dans l'ouest et le centre des Gaules. Les Francs ripuaires occupaient surtout les bords du Weser et du Rhin ; ils avaient Cologne pour ville principale.
La confédération des Francs fît son apparition vers Tan 240 de J.-C. Elle envahit à plusieurs reprises la Gaule, fut battue par les Romains, mais resta menaçante; elle fournit des recrues aux armées de TEmpire. Vers 429, elle s'établit près de Tournai, ravage Trêves et parcourt le pays jusqu'à la Loire, souvent alliée des Romains contre les Armoricains, les Saxons et les Wisigoths. Enfin , sous Clovis , elle devint dominante en Gaule.
11. A ces invasions nous pouvons ajouter celles des populations maritimes. Tous les peuples riverains orientaux de la mer du Nord (Frisons, Saxons, Danois, Jutes, Angles) ont plus ou moins mené la vie de pirates. Ils ont ravagé les côtes de la Gaule et de l'île de Bretagne, et, malgré les défaites qu'ils ont subies parfois, ils se sont installés dans le nord de l'Europe où ils ont fondé des établissements stables.
Contenus d'abord par la puissance romaine, tous ces peuples, dont l'histoire nous raconte avec détail les migrations, s'étaient précipités sur les provinces, au temps de la décadence de l'empire, suivant les lignes de moindre résistance. Ils convergeaient, dans leur mouve-
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ment final , vers les capitales où s'était concentré le pouvoir et, quand ils ne pillaient pas Rome ou Constantinople, ils se faisaient payer des tributs et autoriser à occuper des territoires conquis.
Avant eux, les barbares s'étaient déjà remués. Les anciens historiens nous ont conservé le souvenir de ces expéditions gauloises qui avaient envahi Tltalie, la Grèce et rOrient. Les populations sémitiques avaient de leur côté lancé de l'Orient sur les côtes de l'Afrique, de l'Espagne et des îles de la Méditerranée de nombreux comptoirs près desquels furent créées encore des colonies grecques. Depuis les époques lointaines auxquelles nous reportent les plus anciens documents historiques, nous constatons im mouvement perpétuel des nations, réagissant les unes sur les autres, h la recherche du bienêtre.
Cette observation semble prouver que la tendance au déplacement est une loi imposée à l'humanité. Sans elle, le progrès aurait été arrêté dans son essor, et la lutte de l'homme contre la nature n'aurait abouti qu'à une défaite. L'expérience de l'histoire nous montre, d'ailleurs, qi ie les sociétés qui se sont trouvées satisfaites des richesses cpi'elles avaient accumulées et qui ont renoncé à toute expansion, ont perdu rapidement leur capacité dei" ésistance. Au moindre effort de leurs ennemis elles ont montré leur faiblesse, cachée jusque-là sous une apparence de force, et ont subi l'influence étrangère jusqu'au jour oîi les dures leçons de l'adversité ont fait germer à nouveau les brillantes qualités de leurs ancêtres.