A. Banson. Traité de zootechnie, iom^ V
142 LES POPULAtlONS PRIBâlTiVES
et-Garonne, TAude, TAriège, la Haute-Garonne, le Gers et les Landes ;
La variété béarnaise, comprise dans les Hautes et Basses- Pyrénées ainsi que dans les provinces espagnoles du nord ;
Enfin, les variétés espagnole et portugaise peuplant la péninsule ibérique.
L*énumération de ces variétés de la race dite ibérique et l'indication de leur aire géographique ne nous donnentelles pas le tracé de la grande voie centrale que les tombeaux h incinération nous ont permis de suivre du Bosphore de Thrace à TEspagne ?
Si nous ajoutons qu'il existe encore, comme variétés de la race ibérique, les variétés grecque, napolitaine, româgnole, nous retrouvons ainsi l'indication des embranche^ ments qui se dessinaient du côté du sud, en Grèce et en Italie.
Seules, les variétés du Roussillon et de la Provence, venant de la Bresse, descendues par la vallée du Rhône, ne correspondent plus à nos tracés de migrations. Elles solit dues, sans doute, à des pénétrations de la race ibérique* vers le sud-est de la Gaule plus récentes que Tenvahissement de l'Occident par les tribus du rite de Tincinératiori.
Si à la race ibérique nous comparons maintenant la race porcine dite celtique , nous trouverons dé notables, différences dans les types et dans les aires géographiques. Les caractères de cette dernière race sont : un crâne brachycéphale, un front large et plat, ai bord supérieur anguleux, rentrant. La tête est relativement forte, le groin large et épais, les oreilles larges et tombant le lotig des joues, couvrant les yeux petits. Les membres sont longs^; la taille grande dépasse souvent 1™,50. Les porcs de cette race sont de grands marcheurs et aiment à fouiller la terre pour y trouver des tubercules.
L'aire géographique embrasse toute la partie de l'Europe
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occidentale et centrale; elle comprend une partie de la Russie, Tempire d'Allemagne, le Danemark, la Hollande, la Belgique, la Suède et la Norvège, les lies Britanniques, la moitié septentrionale environ de la France, en un mot, une grande partie du territoire occupé par les stations mégalithiques.
Ces coïncidences rendent manifestes les rapports des migrations des races porcines avec celles des populations mégalithiques et des tribus du rite de Fincinération. Nous pouvons ajouter encore que la grande agilité reconnue chez les porcs ibères convient à une race vivant dans les montagnes, de môme que les porcs grands marcheurs de la race celtique paraissent aptes aux déplacements imposés incessamment par la vie nomade aux pasteurs de la plaine ^
2. Quoique plus compliquée, Thistoire de Textension des races ovines, bovines et chevalines nous montrerait encore des relations intéressantes de cette extension avec les migrations et les invasions humaines. Mais cette étude dépasserait les limites de nos recherches actuelles. Bornons-nous à signaler les différences des races d*animaux domestiques suivant la nature du sol sur lequel elles vivent.
Dans son remarquable traité de zootechnie, M. André Sanson ^ a démontré, à propos de la race ovine, dite du Pla-^ teau central, que la taille des moutons varie en fonction de la richesse du sol en calcaire. D'autre part, dans des terrains de même formation géologique, des conditions variât blés de Tétat hygrométrique de Tair suffisent pour modifier sensiblement la nature de la chair et de la laine, même la multiplication des moutons. On conçoit par conséquent
1 . Si nos obeervatione sont exactes, les désignalions des races porcines admises en zootechnie sont à modifier. La race celtique devrait être appelée race ibérique et inversement.