‹ Les populations primitivesChapitre 76 sur 150 · Euripide. Rhésttë · texte numérisé non relu

Euripide. Rhésttë

Les vêtements et les armes paraissaient nécessaires aux ombres dans le séjour des morts; mais ils ne pouvaient être utilisés qu'à la condition d*ayoir été consumés sur le bûcher. Cette croyance, que nous révèle le récit suivant d'Hérodote, explique le soin, apporté par les anciens poètes, de rappeler la pratique de la préparation du cadavre et justifie la présence, dans les tombeaux fouillés, des fragments calcinés d'armes et de bijoux déposés dans les urnes cinéraires.

« Périandre, roi de la ville de Corinthe, nous dit Hérodote *, avait envoyé consulter les morts sur les bords de TAchéron au sujet d'un dépôt qu'avait laissé un étranger. Sa femme Mélisse apparut; elle dit qu elle n'indiquerait pas où était ce dépôt, parce qu'étant nue, elle avait froid. Les habits qu'on avait enterrés avec elle ne lui servaient de rien puisqu'on ne les avait pas brûlés... Dès qu'il connut cette réponse de Mélisse, Périandre fit rassembler, dans le temple d'Héra, toutes les femmes de Corinthe, munies de leurs plus riches parures, et les fit dépouiller par ses gardes. On porta ensuite, par son ordre, tousces habits dans une fosse où on les brûla, après avoir adressé des prières à Mélisse, qui révéla ensuite le Heu où elle avait mis le dépôt. »

Pendant la préparation du corps et son exposition sur le lit funèbre, les amis et les serviteurs du défunt se livraient à des lamentations bruyantes. Dans le récit des funérailles de Patrocle, Homère ^ décrit le désespoir d'Achille, celui de Briséis , les pleurs des esclaves. Après avoir vengé son ami par la mort d'Hector, Achille ne permet pas encore aux Thessaliens ^ de se retirer, il leur ordonne d'approcher du cadavre de leur ancien chef et de l'honorer de leurs larmes.

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