Sophocle. Ces Trachiniennes
ÎRlBUS DÛ RITE DE L^INGINÉRÂTtON i5d
coupe ses beaux cheveux blonds, les met entre les mains de ^n cher compagnon et fond de nouveau en larmes.
L*offrande de la chevelure était une pratique dont on retrouve le souvenir dans les poètes tragiques. Oreste,
dans X Electre de Sophocle, dépose sur le tombeau de son père une boucle de cheveux nouvellement coupés, et Admète, dans VAlceste d'Euripide, prescrit aux Thessaliens de s'associer à sa douleur et à ses regrets en rasant leurs cheveux.
Le corps était placé au plus haut étage du bûcher et couvert de la graisse des bœufs et des moutons immolés. On ajoutait à ces matières combustibles des vases contenant de rhuile et du miel. Puis avaient lieu les sacrifices en rhonneur du mort : on égorgeait des chevaux, des chiens, des esclaves, des prisonniers de guerre * et l'on mettait le feu au bûcher. Les sacrifices humains étaient en usage dans ces temps barbares. Polyxène », fille d'Hécube et de Priam, fut immolée sur le tombeau d'Achille comme les douze jeunes Troyens sur celui de Patrocle.
Le feu est mis au bûcher, la fiamme consume la chair des victimes et Fhuile « qu'à grands flots versent les cratères. j> Lorsque le bûcher s'affaisse et que le feu s'éteint on lave dans le vin les tristes débris et les cendres brûlantes ^. Les ossements sont recueillis et déposés dans une urne ; on marque l'enceinte du tombeau et on en couvre les fondements par un monceau de terre.
Le tombeau, le tumulus qui doit recouvrir l'urne, était le monument destiné à perpétuer le souvenir du héros parmi les générations futures ; l'ombre d'Agamemnon l'affirme à celle d'Achille. Il devait porter les insignes de la profession du mort ; le malheureux Elpénor adresse à Ulysse la prière