‹ Les populations primitivesChapitre 82 sur 150 · Thucydide; Histoire de la gunrre du Péloponnèse^ II · texte numérisé non relu

Thucydide; Histoire de la gunrre du Péloponnèse^ II

TRIBUS DU RITE DE l'iNCLNÉRANION 163

donnaient au mort les cérémonies accomplies suivant les rites subsistaient encore. C'était un crime de laisser sans sépulture les cadavres des soldats tués sur le champ de bataille. Les généraux, qui en étaient reconnus coupables, « étaient punis de mort et livrés aux Onze, leurs biens confisqués et le dixième consacré à la déesse ^ » Aussi, les cadavres étaient-ils brûlés après la bataille et les cendres rapportées après la guerre à Athènes, où Ton célébrait de solennelles funérailles. Thucydide en décrit Tordre établi ^ ayant pour but de déposer les ossements dans un tombeau. Mais ici, nous voyons apparaître un nouvel usage, celui de faire l'oraison funèbre du défunt, en remplacement des jeux qui terminaient parfois les funérailles.

Suivant Euripide'* qui, dans les Suppliantes, prétend que Thésée aurait prononcé des éloges en l'honneur de ceux à qui il rendit les devoirs de la sépulture, cet usage serait ancien. Mais Denys d'Halicarnasse * n'est pas de cet avis. A propos du panégyrique prononcé par V'Jerius aux funérailles de Brutus, il soutient que les Romains ont, avant les Grecs, adopté la coutume de ces éloges, mais il n'ose affirmer qu'elle fut établie par les Rois. Comme, d'ailleurs^ la mort de Brutus eut lieu à peu près à la même époque que la bataille de Marathon, on peut admettre que l'usage des panégyriques fut contemporain dans les deux pays.

Quoi qu'il en soit, les pratiques funéraires des temps anciens, celles auxquelles les croyances attachaient le plus de prix, la crémation et l'enfouissement sous un tombeau, ont persisté en Grèce du xi^ au v° siècle avant notre ère.

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