Plutarque. Nwra Pompilius
TRIBUS DU RITE DE l'iNCINÉRATION 165
corps de Numa Pompilius, parce qu'il Tavait défendu par son testament ». On peut conclure de ce fait que, dès la fondation de Rome, l'usage existait de brûler les morts, puisque Numa Pompilius avait jugé indispensable d'ordonner que son corps serait inhumé. Cela contredit encore l'opinion émise par Pline* que « Tusage de brûler les morts n'est pas de première institution chez les Romains ; ils les enterraient jadis, mais quand on vit que ceux qui avaient péri dans les guerres lointaines étaient déterrés, on adopta la coutume de brûler les corps. »
Dès les premières années de la République, la crémation était assurément en usage à Rome. Un des quatre premiers patriciens qui avaient détrôné les Rois et fait confisquer leurs biens, Valerius Publicola, mourut pauvre. Il avait été quatre fois consul et victorieux dans des guerres difTérentes ; il avait triomphé des Tyrrhéniens et ensuite des Sabins. Il ne laissa pas môme assez de bien pour faire ses funérailles * ; le Sénat fit brûler son corps et enterrer ses cendres aux frais du Trésor public, en un endroit de la ville prés de la place publique. Ce lieu sacré, que Ton a appelé Velia, fut réservé pour la sépulture de ses descendants. Toutefois, dans la suite, on se contenta d'amener en cet endroit le corps de la personne défunte appartenant à la race de Valerius Publicola et de faire le simulacre d'y mettre le feu '. La crémation avait lieu hors de la ville.
Marcius Coriolan, au v° siècle, après avoir levé, sur les instances de sa mère Véturie, le siège de Rome, sa patrie, fut lapidé par la faction de Tullus qui l'accusait d'avoir trahi les Volsques. « Ceux qui avaient été les témoins et les compagnons de ses grands exploits de guerre furent les