‹ Les populations primitivesChapitre 85 sur 150 · Plutarque. Valerius Publicola · texte numérisé non relu

Plutarque. Valerius Publicola

plus indignés, dit Denys d^Halicamasse '. Comme ils n^avaient pas été assez puissants pour le secourir pendant sa vie^ ils voulurent au moins lui donner, après sa mort, quelques marques de leur reconnaissance. Ils firent porter sur la place publique tout ce qui pouvait être nécessaire pour rendre les derniers honneurs à un homme de bien et d'un mérite distingué. Tous les préparatifs faits, l'ayant revêtu de ses ornements de général, ils le mirent sur un lit de parade superbement orné. On fît porter devant la pompe funèbre les dépouilles qu'il avait remportées, les couronnes qu'il avait méritées par sa valeur, les plans et les images des villes qu'il avait prises. Les jeunes gens les plus illustres par leurs exploits de guerre chargèrent le lit de parade sur leurs épaules. Accompagnés de tout le peuple de la ville qui. fondait en larmes et qui faisait retentir l'air de ses gémissements, ils portèrent son corps dans le principal faubourg et le mirent sur un bûcher qu'on avait préparé. On égorgea plusieurs victimes en son honneur ; on lui rendit tous les hommages qu'on peut rendre à des rois ou à des généraux d'armée. Les meilleurs amis attendirent que la flamme fût éteinte ; ils ramassèrent les cendres et les enterrèrent au même endroit, puis, mettant tous la main à l'œuvre, ils lui érigèrent un tombeau fort élevé pour servir à la postérité de monument éternel. »

L. Cornélius Sylla fut brûlé, suivant Plutarque *, et sa sépulture déposée au Champ de Mars. D'après Pline ^ aucun membre de la famille Cornelia n'avait été incinéré avant lui. La coutume observée dans cette famille était l'inhumation.

Après la bataille de Pharsale, Pompée vaincu s'enfuit en Egypte. Au moment où il touchait le rivage, le tribun militaire Lucius Septimius le frappa par derrière sous les

l. Denys d^Halicarnasse. AnL rom, Hv. VIII, ch. viii.

2 Plutarque. Sylla.

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