‹ Les populations primitivesChapitre 9 sur 150 · XXII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XXII INTRODUCTION

gneuses que par les aspérités des rochers dénudés. Maïs à mesure que les populations à refouler sont plus denses et mieux organisées, la propagation du mouvement envahisseur est entravée. Tel le flot du ruisseau subissant la résistance des herbages des collines inférieures et l'arrêt dû à la pente plus douce des alluvions de la vallée.

Les déplacements des sociétés primitives ont donc été aussi nécessaires et d'ailleurs plus faciles que ceux des populations historiques. Le simple raisonnement rend ce fait probable; nous verrons plus loin que l'archéologie en démontre la certitude.

2. La probabilité des migrations antéhistoriques étant démontrée, on peut se demander s'il y a utilité à en rechercher l'étendue, les directions, les caractères spéciaux à chacune d'elles, les époques relatives de leur développement. A cette question, nous répondrons qu'il y a pour le sociologue le même intérêt à connaître la nature de ces migrations que pour l'agriculteur à savoir l'ordre de superposition des couches géologiques formant le terrain qu'il ensemence. En effet, les caractères physiques, intellectuels et moraux des individus se perpétuent dans leur descendance et ne sont dissimulés qu'en partie par l'apport des croisements successifs. Il reste donc toujours quelque fraction des vertus ou des vices originels. Elle est par conséquent légitime, cette curiosité scientifique qui nous pousse à étudier comment se sont réparties, aux temps antéhistoriques, ces agglomérations humaines dont le fractionnement a constitué les nationalités primitives. Grâce à elle, nous nous expliquerons peut-être de quels éléments se sont composés les premiers peuples dont l'histoire fait mention, et Tin-

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