PETITE FILLE GRECQUE
Stèle du Musée national d'Athènes.
Le dessin creusé dans la pierre conduisit au basrelief et du bas-relief à la sculpture en ronde bosse. La peinture fut plus longue à s'enrichir des recettes nécessaires à son complet épanouissement. Elle restait conventionnelle, impuissante à imiter le corps humain, tandis que le dessin de plus en plus hardi s'attaquait à de nouveaux obstacles et les surmontait. C'est ainsi que l'art égyptien nous montre bientôt des visages de face, très expressifs. Il était d'ailleurs doué d'une grande adresse pour exprimer la ressemblance individuelle.
En Egypte, le portrait n'était pas ce qu'il est pour nous, un modeste souvenir et le médiocre espoir de perpétuer notre reflet dans le séjour mélancolique d'un musée ou d'un salon d'amateur. La religion faisait du portrait un défi à la mort.
Frappé par ces images qui avaient les apparences
PORTRAIT DE JEUNE FILLE. Ai* <->
Peinture gréco-égyptienne de la Collection de la vie, l'homme avait estimé que l'âme seule leur
Théodore Graf, de Vienne.
manquait et que l'âme ayant perdu son corps naturel devait chercher un refuge dans les statues et les peintures qui Lui rappelaient son premier logis1; de sorte que le sculpteur et le peintre étaient des pourvo3Teurs de survie réelle; leur talent assurait aux hommes l'immortalité. Et le corps de pierre ou de marbre, la silhouette coloriée qui représentaient un individu lui préparaient un asile pour couler de nouveaux jours sous la terre, dans le paisible séjour du tombeau ; plus son portrait était ressemblant, mieux était assuré son renouveau après sa mort.
On a retrouvé des modèles de dessin reproduisant la tête du roi et qui enseignaient auxdébu-
i. Les Egyptiens distinguaient dans l'homme : le corps, puis le double, second exemplaire du corps en une matière moins dense, projection colorée, mais aérienne de l'individu, qui avait son âge et son sexe, et ressemblait fort à ce que les savants et les spirites appellent aujourd'hui le périsprit : l'âme venait
Cil , , PORTRAIT DE JEUNE FILLE.
ensuite et enfin le lumineux, parcelle de flamme échappée du r> • . . . . , , „ „ .
... .... rr teinture greco-egyptienne de la Collection
tcu divin. La mort détruisait cet ensemble en prenant le corps. Théodore Graf de Vienne.
ANTIQUITÉ ET MOYEN AGE
tants à bien tracer l'auguste visage. Les simples particuliers ne pouvaient exiger de telles préparations à leur profit. Néanmoins les nécessités de cet idéal semblent avoir rompu les artistes à bien saisir les traits caractéristiques. Il suffit, pour s'en convaincre, de remarquer chez les moindres figurants l'intense personnalité de leurs peintures et de leurs sculptures.
Les enfants eux-mêmes offrent tous les accents de la ressemblance individuelle. Et pourtant, les artistes ont la modestie de conserver le signe conventionnel du doigt au bord des lèvres; ils y joignent même, pour préciser leurs intentions, un autre signe conventionnel, purement local, une longue tresse de cheveux sur l'oreille droite.
Le musée de Turin possède en ce genre un véritable pensionnat de petites filles. Elles sont