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PORTRAIT D'ENFANT, PAR ROMNEV

Braun, Clément et fils, phot.

en cette'circonstance nous l'estimons très raisonnable. Il est bon de se considérer franchement et de se confesser sincèrement. A ce tourment de mieux faire, Gainsborough dut la séduction de son talent. Ses dernières paroles montrent aussi qu'il espérait en la peinture éternelle et qu'il croyait en Van Dyck, son dieu suprême : « Nous allons tous au ciel, dit-il à Reynolds qui, après une longue brouille, venait l'embrasser, et Van Dyck est de la partie!... »

« Il me semble impossible, écrit sir Walter Armstrong, de tomber d'accord

3d4 LES PORTRAITS DE L'ENFANT.

avec ceux qui voient dans Reynolds le peintre par excellence du charme féminin et de la fraîche innocence de l'enfance. Pour l'un comme pour l'autre, Gainsborough est, à mon avis, de beaucoup le plus grand artiste. Sa sympathie pour les enfants et les femmes était plus profonde et plus réelle que celle de Reynolds. Ses plus beaux portraits, la « Promenade matinale », par exemple, ou « Mrs Sheridan » montrent une perception intime, une faculté de construire du dedans, qui est tout à fait hors de la partie de son rival. Et il en est de même des enfants. SirJoshua était un observateur amusé de leurs manières. La grâce de leurs attitudes, la spontanéité de leurs mouvements, la curieuse innocence de leurs visages frappaient son jugement comme une matière exquise et précieuse. Mais il ne sympathisait pas avec eux. Il ne comprit jamais qu'un enfant, vis-à-vis de lui-même, est un produit de l'expérience tout autant qu'un homme de cinquante ans. Son point de vue était essentiellement extérieur. Il peignait un petit garçon ou une petite fille comme il aurait fait d'un chat, les faisant entrer dans l'ensemble d'un plan gracieux et faisant souvent pressentir, avec une singulière félicité, leur condition en tant que germes d'hommes et de femmes. Au contraire, les enfants de Gainsborough sont de vrais enfants. Sir Joshua était plutôt sujet à leur donner l'air de lutins d'un monde différent. Comparez sa « Miss Bowles » de la Galerie Wallace, par exemple, à la « Miss Haverfield » de Gainsborough qui est accrochée à quelques pieds plus loin. La dernière est un enfant réel avec l'orgueil de ses huit ou dix ans se montrant à travers la page blanche de son avenir. A côté d'elle « Miss Bowles » semble avoir été changée en nourrice, et son rire est la gaieté d'un être qui n'aurait encore jamais vu un chien. On voit que Gainsborough savait penser comme un enfant, qu'il savait ressentir ses petits triomphes, sa timidité, l'intensité tragique de ses humeurs. Au lieu de quoi, sir Joshua tourne autour, son lorgnon à l'œil, en observant l'extérieur1. »

Après ces noms, Gainsborough, Reynolds, Hogarth, nous n'avons plus que des reflets de leur talent. Tant que nous n'atteignons pas l'école préraphaélite, nous r encontrons des artistes qui, tous, peuvent se rattacher soit à Hogarth, soit à Reynolds, soit à Gainsborough. Les peintres de genre descendent de Hogarth, comme Wilkie; les portraitistes comme Lawrence, Hoppner, Romney, Raeburn ne sont que des imitateurs de Reynolds et de Gainsborough.

Lawrence aura été l'exagération de ces maîtres. Plus superficiel, d'un dessin

i. Gainsborough, par Armstrong (Hachette).

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Après ces noms, Gainsborough, Reynolds, Hogarth. nous n'avons plus que des reflets de leur talent. Tant que nous n'atteignons pas l'école préraphaélite,, nous rencontrons des artistes qui, tous, peuvent se rattacher soit à Hogarth, soit à Reynolds, soit à Gainsborough. Les peintres de genre descendent de Hogarth, comme Wilkie : les portraitistes comme Lawrence, Hoppner, Romnev. R.vburn ne sont que des imitateurs de Reynolds et de Gainsborough. Lawrence aura été l'exagération de ces maîtres. Plus superficiel,, d'un dessin L'ENFANT AU LAPIN, PAR RAEBURN (MUSEE DE L'ACADEMIE ROYALE, A LONDRES), i. Gainsborough, par Armstrong ' Hachette). .

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