PORTRAIT, PAR RICARD
Appartenant à Mme la baronne de Gunsburg.
et fixe comme le marin, plein de rêves et d'illusions, et soumis à la discipline des parents, prisonnier de la maison familiale ?...
On a pris enfin l'excellente habitude de moins couvrir la tète de l'enfant, de rendre à sa chevelure la liberté. Nous y gagnons de voir les jolies boucles que nos mères et nos sœurs croyaient devoir impitoyablement emprisonner dans des filets.
Avouons que de la sorte l'enfant plus choyé, plus caressé, plus gentiment attifé, se présente dans des conditions captivantes comme modèle pour les peintres de portraits, les « bustiers », les médailleurs et autres artistes en « portraitures ». Il est devenu non seulement plus intéressant, mais plus varié que jamais. Et que de scènes tendres et pittoresques dans le cadre de la maison, dans le décor des jardins publics, des rues, des magasins, avec la bonne fée que l'on sent toujours présente, même quand on ne la voit pas, la mère !...
Le matin, Maman déjà levée, se penche sur le sommeil de Bébé. Elle rêve, et sa rêverie est une sorte d'invocation matinale, vaguement formulée, mêlée de souhaits pour l'enfant, pour le foyer, pour la famille :
« Que cette journée te soit douce, Bébé; qu'elle t'apporte les jeux bruyants,
les tétées goulues et les sommeils lourds. Que la lumière du soleil que tu aimes tant et qui te fait sourire accompagne ta promenade quotidienne.... Sois heureux en ton corps de jeune animal, de petit être instinctif et pur.... Mais, que dis-je? Ne devrais-je pas plutôt implorer ton secours, à toi dont l'innocence ne saurait être égalée par rien ici-bas, dans notre triste humanité.... Sois-nous favorable, cher petit; que ta candeur soit notre égide. Un enfant comme toi vint pour sauver le monde.
Toi, pauvret, toi, si faible, mais que n'a pu souiller encore la vie mortelle, souris à Jésus dans ton réveil et que ton sourire attire