‹ Les portraits de l'enfantChapitre 135 sur 161 · ETHEL, PAR RALPH PEACOCK · texte numérisé non relu

ETHEL, PAR RALPH PEACOCK

mille Stamatl, de Mme Baltard Londres. - Tate Gallery.

et sa tille (appartenant à Mme Arnould), de M. Hayard et sa fille (appartenant à M. Maillot) et de Mme Hayard et son plus jeune enfant (appartenant à M. Flachéron). Tous ces croquis traduisent exactement la câline rie gentille des

enfants de la bourgeoisie.

« Je crois, dit Amaury Duval dans V Atelier d'Ingres, je crois que M. Ingres se rendait bien compte de la valeur de ses croquis, qui sont supérieurs, à mon sens, à tout ce qu'il a fait en peinture, ou du moins qui le mettent à part de tous les artistes passés et présents; il n'y a rien d'analogue dans aucune époque et ces dessins innombrables et merveilleux constituent en grande partie son originalité. »

Cette opinion nous paraît très exacte. Amaury Duval ajoute qu'ayant demandé à Ingres s'il mettrait à l'Exposition universelle de 1 855 quelques-unes de ses mines de plomb, le maître dont « la figure se rembrunit »

répondit :

« Non, on ne regarderait que cela. »

« Peut-être, ajoute Amaury Duval, avait-il raison de ne pas hertha, par John laver y . détourner l'attention du public

de ses grands ouvrages, tels que V Apothéose d'Homère, le Saint Sjmphorien, et le Vœu de Louis XIII et, tout en le regrettant, je n'insistai pas.

« Voici une autre preuve de l'opinion qu'il avait lui-même de ses dessins à la mine de plomb : je tiens le fait de Sturler.

« Il lui avait promis de faire le portrait de Mme Sturler. Un jour, il arriva chez lui dans l'après-midi, et, en quelques heures, avant le dîner, il eut achevé

LA REINE VICTORIA ENFANT, PAR S. P. DENNING. Dulwich Gallery.

AUJOURD'HUI

un de ces croquis qu'il est impossible de décrire, mais qui ont une vérité, un accent, un charme inouïs. Sa vue baissait à cette époque, et il se servait d'une loupe, ce qui aurait pu l'entraîner à des détails mesquins; mais non : la même fermeté, la même grâce à indiquer par deux ou trois coups de crayon des accessoires, des bijoux; le tout fait avec rien, et charmant.

« Quelques artistes amis de Sturler vinrent le soir et s'ex tasièrent sur ce dessin. M. Ingres répondit à leurs compliments dans les termes les plus modestes :

« C'est bien peu de chose...; « je n'y vois plus...; je n'ai plus « la main.... »

« Puis tout à coup, se redressant :

« C'est égal, dit-il; on m'a « tout pris, messieurs, tout.... »

« Et montrant le dessin du doigt : « On ne m'a pas pris ça. »

Dans ses tableaux, Ingres a mis de robustes enfants nus inspirés de Raphaël. C'est dans la Charité, dans la Vénus, dans le Vœu de Louis XIII.

Nous ne pouvons oublier non plus le tableau représentant Henri IV et ses enfants en présence de l'ambassadeur d'Espagne, scène dont l'authenticité paraît, nous l'avons dit, tout à fait douteuse. Dans ce tableau, commandé par le duc de Blancas, Henri IV à genoux porte sur son dos ses deux fils; l'aîné des enfants montés sur lui est le Dauphin, plus tard Louis XIII, qui, nous l'avons vu, devait plus souvent pleurer sous le martinet que jouer sur le dos paternel. Derrière lui, se tient son frère, Gaston d'Orléans. La jeune princesse qui soutient et traîne l'épée royale est la pauvre Marie-Henriette, future épouse de Charles 1er

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