PORTRAIT DE MADEMOISELLE
PAR PAUPION.
jolis morceaux de fraîcheur puérile, malgré la facture sèche et épinglée de ces oeuvres qui datent de la première manière de Millais. Les Feuilles d'automne et les Pommiers en fleurs sont également de couleur rétive et d'intentions ardues. Nous nous souvenons enfin de quelques toiles sentimentales et dramatiques manifestement conçues pour la populaire lithographie en couleurs. L'une d'elles représente un jeune et blond Moïse britannique souriant dans son berceau qu'emporte à la dérive une rivière débordée.
Un autre peintre, Burne Jones, que son âme mystique et passionnée portait plutôt vers les sujets littéraires, a laissé pourtant un curieux portrait de la fille du Rev. Harry Drew, petite-fille de Gladstone, Dorothy Dreiv, qui montre l'originalité de son idéal, assurément trop ennemi de la simplicité.
Quelques tableaux, désormais historiques, représentent la reine Victoria dans son enfance. Malheureusement, la petite princesse, qui était charmante, n'eut pas la bonne fortune de compter parmi ses sujets des Gainsborough, des Reynolds ou des Van Dyck. Ses portraits sont médiocres, qu'elle soit peinte par W. Beechey, auprès de sa mère la duchesse de Kent, par Anthony Stewart, par William Fowler, par R. J. Lane, par W. Nicholas, par R. Westall ou par Hayter. Le plus intéressant comme caractère et le plus connu de ses portraits est celui de S. P. Denning (Dulwich Gallery) qui montre, à l'âge de quatre ans, Victoria mignonne et fine, sous un énorme chapeau à plumes.
i. Dans son Journal, Delacroix parle avec admiration de « cet enfant qui dort sur les bras de sa mère et dont les petits cheveux soyeux, le sommeil si plein de vérité, dont tous les traits, jusqu'aux jambes rouges et les pieds, sont singuliers d'observation, mais surtout de sentiment ». (Journal de Delacroix, Pion.)
A UJOURD'HUl.