LA VIERGE ET L ENFANT JESUS
Ivoire du Musée de Cluny. — Art français du XII0 siècle.
de ceux qu'ils surent apaiser; car leurs efforts ont été féconds ; ils devaient aboutir aux chefsd'œuvre que nous admirons aujourd'hui, à ceux qui satisfont notre nouvel idéal, qui, à leur tour, parviennent à nous toucher et à nous émouvoir....
Il y eut, par le monde, des enfants dont les visages souriants inspirèrent les tailleurs d'images, qui furent les modèles inconnus des anges, des chérubins et des Jésus figés dans les Cathédrales.
Parmi le peuple des villes et des campagnes, leur vie morne s'éveillait seulement au magnifique spectacle des cérémonies et des fêtes de l'Église.
Dans les châteaux, la plupart donjons solitaires, perdus au fond des champs ou des bois, elle s'émerveillait aux récits des légendes sacrées, fécondes en miracles, et des combats lointains, pleins de fracas et d'aventures. Cette époque — où l'instruction était rare et presque impossible, où, dès sept ans, l'enfant était dressé au métier des armes — fut l'âge des rêveries longues, effrénées, aboutissant à ces expéditions merveilleuses, les Croisades, détentes soudaines qui satisfaisaient en même temps la Foi et la violence naturelle de races à peine civilisées. Et les enfants suivirent les foules se ruant vers la Palestine. Les chroniqueurs disent leurs cris innocents et leurs questions à chaque ville nouvelle : « Est-ce Jérusalem? Est-ce Jérusalem? »
Ce qu'il y avait de plus exquis, de plus divin en toutes ces petites âmes s'épanouit radieusement chez quelques frêles silhouettes d'enfants d'élite, pieux, rêveurs, exaltés. Deux surtout sont adorables. D'abord, saint