DETAIL D UNE FRESQUE DE MANTEGNA
Mantoue. — Palais des Gonzaçue.
EN ITALIE
Ai
d'avoir été écorché et réveillé, « il voulait absolument tuer Vasari », dit Cellini.
Le moindre motif les exaspérait et les déchaînait. Les élèves de Raphaël ayant appris que le Rosso avait médit de leur maître, il fut convenu qu'à la première occasion le Rosso recevrait la correction méritée, et celui-ci, averti, jugea prudent de quitter Rome pendant quelque temps, car il savait qu'il ne s'en tirerait pas sans un coup de poignard ou un coup d'épée.
A chaque instant, on rencontre les accessoires dramatiques du meurtre, le poignard et le poison. Quand on lit les mémoires de Benvenuto Cellini, on est stupéfait; à l'entendre, il a l'épée en main plus souvent que l'ébauchoir.
Son frère qui, à quatorze ans, se bat en duel, désarme son ennemi, le blesse, continue de le poursuivre, est assailli par des amis de son adversaire et blessé par eux. Il tombe. Cellini accourt, se précipite sur les assaillants et, aidé de quelques soldats qui passaient par hasard, il réussit à dégager son frère. Après quoi, il charge le blessé sur ses épaules et le rapporte à la maison.
Plus tard, Benvenuto étant prisonnier au château Saint-Ange, un de ses élèves rencontre un individu qui, par malveillance, dit au jeune homme que son maître est mort. « Il est vivant, mais toi, tu vas mourir! » s'écrie l'élève furieux. Et il assomme le passant à coups de sabre.
Les grandes familles, les Malatesta, les d'Esté, les Médicis, les Borgia vivent au milieu des assassinats et des empoisonnements. Les parents ne s'épargnent même pas entre eux. Et quand ils s'épargnent, qu'ils vivent en bons termes, qu'ils paraissent s'aimer, leur affection reste rude, courte et dépourvue de sensibilité.
Nous lisons dans Cellini :
« Ma sœur Liperata, après avoir un peu pleuré avec moi son père, sa sœur, son mari et un petit enfant qu'elle avait perdus, songea à préparer le souper. De toute la soirée on ne parla plus de morts,