‹ Les portraits de l'enfantChapitre 35 sur 161 · DES · texte numérisé non relu

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■.'a bientôt être corn, comme un de la lumière, de la couleur, de

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l'enveloppe souple et harmonieuse chez les frères Bellini. Giovanni Bellini peint dans le triptyque de l'église de Santa-Maria de Frari. à Venise, les deux adorables petits anges dont l'un joue de la flûte et l'autre de la guitare aux pieds de la Vierge.

Cet artiste puissant et varié, qui s'intéresse déjà aux scènes familières, pro-

l'bNFANT JÉSUS SOUS UNE PLUIE DE ROSES. TABLEAU DE FILIPP1NO LIPPI.

Galerie Pitti, à Florence.

duit des portraits doués d'une vie ample et forte. Carpaccio, son élève, se dégage encore davantage des anciens sujets religieux et donne ses Dames vénitiennes (musée Correr) sur une terrasse, avec un enfant. Ghirlandajo va plus loin en s'attaquant aux réalités de la vie intime dans la belle toile du Louvre, le Vieillard et l'Enfant qui, trouvée à Florence dans la famille Ridolfi, doit repré-

senter un ancien magistrat de cette maison et son petit-fils. C'est le portrait tel qu'il sera compris plus tard, en pleine période pittoresque, avec ses recherches de physionomie, d'action et de sentiment. En même temps que d'un métier remarquable, l'œuvre est surprenante par ses aspirations nouvelles. Le regard affectueux et tendre du vieillard, la pétulance du petit enfant qui se jette vers le brave homme, se dresse et lui tend les bras, la reproduction sincère, on pourrait presque dire vaillante, de ce nez bourgeonné, la couleur claire, brillante, soutenue des étoffes et des visages, tout, en cette œuvre, annonce les études que nous offriront un jour les maîtres du Nord. Seules, l'installation un peu gauche de l'intérieur et la préciosité du paysage qui apparaît sur la droite révèlent une inexpérience des nécessités de ce genre nouveau.

L'admirable portrait de Pinturicchio, à Dresde, dénote plus d'assurance. Cette fois, l'enfant est seul ; l'artiste l'a étudié avec une préoccupation de vérité, de vie, de ressemblance individuelle. Si des recherches de style se trahissent encore, elles donnent à l'œuvre un grand cachet de distinction. Le Pinturicchio, c'est-à-dire le Peinturîureur a, malgré son surnom, fait preuve de grand talent ; on sent qu'il peint au moment où Antonello de Messine créait d'intenses et

nerveux portraits d'hommes, au moment où ce maître incisif, que la délicatesse de l'enfant laissa indifférent, traduisait ses contemporains avec un pinceau d'une âpreté et d'une réalité rigoureuses.

Celui qui rouvrit, en Italie, les portes de l'art sculptural aux grâces profanes de l'enfance, fut Donatello. Maître à la fois exquis et audacieux, admirateur fervent de l'antiquité en même temps que fougueux adorateur de la nature, il se révéla, dans ses premières œuvres, réaliste spirituel et verveux;puis, avec l'âge, son impétuosité se calma ; son admiration pour l'antiquité s'ac-

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