SAINTE FAMILLE, DITE « AU BERCEAU » ET REPRESENTANT
les plaisirs de la vie des Cours, les fils de rubens, par rubens.
-r j -p*. | , Florence. — Galerie Pitti.
comme son eleve Van Dyck\
Celui-ci, plus modéré que son maître, lui est supérieur dans le portrait, quand il n'a qu'à marcher dans le chemin donné par son modèle, quand il doit imiter la tache ambrée d'un visage sur un fond mordoré, les demi-teintes argentées de ses contours, les luisants nacrés de ses plans, les nappes chaudes de ses ombres, quand il lui suffit de chiffonner quelques draperies sombres au-dessous de cette tête et de faire valoir le rappel des mains parmi les plis de la soie ou du velours. Il est, en ce genre, d'une noblesse et d'une maîtrise telles qu'il est resté un excellent conseiller pour les portraitistes et que l'ancienne école anglaise tout entière est née de son œuvre.
i. « Le musée de Francfort, dit A. Michiels, renferme le portrait d'un petit garçon assis dans une chaise, la bouche ouverte, qui joue avec des friandises. On ne saurait voir une mine plus vivante, des yeux plus brillants.... Ce bambin passe pour un enfant de l'artiste.... Mais Rubens n'avait pas un fils de i5 mois en 1627, et la peinture porte cette mention : « Œtatissuœ 1 5 maenden A0 1627 » peint à l'âge de iS mois en 1627 ».
A propos de la belle toile représentant la famille Balthazar Gerbier, page l'ij, M. Emile Michel écrit: « La collection de la reine d'Angleterre à Windsor et, depuis peu, le musée de Bruxelles, possèdent chacun un tableau qui, avec quelques variantes, reproduit la disposition et les types de ce portrait de la famille Gerbier dont l'original a disparu. On ne saurait reconnaître la main de Rubens, pas plus que celle de Van Dyck, dans ces deux peintures, bien que leurs noms aient été prononcés à cette occasion. Ce sont des copies anciennes et un peu modifiées de l'original primitif. Dans la galerie du comte Spencer à Althorp, figure une étude de la seconde des petites filles de Gerbier et une copie de cette étude se trouve au musée de Lille. » Rubens avait été l'hôte de cette famille en Angleterre.
i48 LES PORTRAITS DE V ENFANT.
Le père de Van Djxk eut, de Marie Cuyper, douze enfants dont le peintre, Antoine Van Dyck, fut le septième. Une jolie anecdote prétend que sa mère fut son premier maître, qu'intelligente et très douée pour les arts, elle encouragea le goût de son fils pour le dessin. Combien d'enfances d'hommes de valeur ont été parfumées par les soins d'une femme supérieure ! L' arôme en reste autour
d'eux durant toute la vie. C'est la bonne fée marraine du jeune prince.
C'est, plus exactement, la grâce féminine se joignant à l'énergie de l'homme, la nature se complétant, unissant en une âme toutes les qualités humaines. Dans les arts, il semble que l'indice du talent chez l'homme soit l'intelligence des choses de la femme. A cette éducation de sa mère, Van Dyck dut probablement son exquise élégance d'artiste et d'homme, l'attrait souverain de son talent, cette séduction qui fait de lui le gentilhomme de la peinture et qui rendit sa carrière si brillante et si facile.
Ses portraits d'enfants nous mènent hors des Flandres, nous montrent surtout les fils élégants de l'aristocratie anglaise. Variés dans les