FRAGMENT D UN PORTRAIT DE VAN DYCK
Musée du Louvre. attitudes, pleins d'aisance, de naturel
et de vie, ils sont pourtant, quand on les interroge avec insistance, d'un faire superficiel; une âme uniforme paraît les animer. Ils vivent, mais ils posent.
Accablé de commandes et voulant y suffire, Van Dyck recourut à des procédés de fabrique, à l'aide de ses élèves, aux secours de modèles étrangers qui lui posaient les mains de ses portraits. De là ces mains, exquises soit, mais d'une banalité qui frappe et lasse à la longue. Dans quelques œuvres pourtant, au métier admirable se joint l'émotion. Dans les portraits des enfants de Charles Ie' , dans les têtes de fillettes et de garçons qui accompagnent certains portraits d'hommes et de femmes comme ceux du Louvre, Van Dyck, on le voit, s'est
DANS LES FLANDRES ET EN ALLEMAGNE
arrêté avec complaisance ; il a écarté ses praticiens et, alerte, ferme, il a retrouvé l'enthousiasme de sa jeunesse.
Passionné de luxe et de plaisirs, prodigue et plein de fantaisies, ayant un orchestre à sa solde pour distraire les grandes dames qui posaient dans son atelier et les retenant à dîner pour mieux étudier leur physionomie durant le laisser aller du repas, Van Dyck, en apparence si bien équilibré, eut de grandes faiblesses; la plus singulière fut de se livrer à la recherche de la