LA LEÇON DE LECTURE, PAR TERBURG
gues d'un labeur difficile et ardu, Musée du Louvre,
n'ayant pour entretenir sa vie,
celle de sa femme et de ses enfants que ce qu'il gagnait de ses mains. Aussi possédait-il très peu de choses; mais tous ceux qui le connaissaient avaient une bonne parole à dire de lui, car il tenait la conduite d'un bon et honorable chrétien.... Mon cher père prenait beaucoup de peine pour notre éducation. Il nous élevait pour la gloire de Dieu, son plus grand désir était de maintenir ses enfants dans une sévère discipline afin qu'ils devinssent agréables à Dieu et aux hommes. »
Il dit de sa mère :
« Elle ne manquait pas de me reprendre toutes les fois que je n'agissais pas bien. Elle nous gardait avec grand soin du péché, moi et mes frères, et, soit que j'entrasse ou sortisse, avait coutume de dire :
« Que le Christ te bénisse. »
« Elle nous donnait des saints avertissements avec un grand zèle et avait en continuel souci le salut de notre âme. »
A l'âge de treize ans, Durer faisait de lui-même un portrait qui est à l'Albertine et qui porte cette attestation :
« Ceci j'ai pourtraict d'après moi-même, à l'aide d'un miroir, dans la 1484e année, alors que j'étais encore enfant. »
L'œuvre est surprenante pour l'âge de son auteur; un pareil début démontrait combien Diirer avait le sens naturel et profond de la forme. En même temps que d'une merveilleuse précision, c'est naïf, sincère, plein d'ingénuité. L'enfant, vêtu d'une casaque et coiffé d'un bonnet, se présente de trois quarts.