TERRE CUITE ÉMAILLÉE, DITE « LE FILS DE RUBENS
Musée de ciuny. Le dessin est souple et soigné.
On lui reprocherait trop de fixité dans les yeux; ce défaut tient sans doute à la conscience même de Durer qui, naïvement, copia le regard attentif et appliqué que reproduisait la glace. La main, en revanche, est trop conventionnelle et les plis des manches ont une dureté excessive. Cela doit tenir aussi à la manière dont le portrait a été exécuté, à la difficulté qu'eut le jeune dessinateur pour faire poser sa main et pour dessiner en même temps.
Le British Muséum, le Cabinet des Estampes de Berlin, la Bibliothèque de Vienne et le Louvre possèdent des dessins intéressants de Durer; le Louvre a même une peinture, un frottis léger sur une toile sans préparation première, qui représente une tête d'enfant. Au British Muséum on voit une tête de jeune garçon de face et penchée, d'un modelé très puissant. On y voit aussi une série de petits visages d'enfants qui sont des études pour les Enfants Jésus, les petits Saint-Jean ou les chérubins, les uns à la plume, les autres au fusain rehaussé de blanc sur papier rougeàtre.
Holbein était d'une famille d'artistes.
Son grand-père avait peint une « Vierge et l'Enfant » où Jésus offre, au dire des critiques, tous les caractères d'un portrait d'après nature. Son père
DANS LES FLANDRES ET EN ALLEMAGNE
était peintre également. Il se représenta lui-même avec ses deux fils dans le Baptême de saint Paul. Debout, le visage singulièrement encadré par une chevelure épaisse et une barbe longue dépourvue de moustaches, il a ses deux fils Ambroise etHans devant lui. Hans, qui paraît avoir huit ou neuf ans, est un gamin de gentille et sérieuse mine, de type très allemand. Il porte un costume ajusté, serré à la taille, en forme de jupe à gros plis sur les jambes. Des poches extérieures pendent à sa ceinture et il tient une baguette à la main. Nous pouvons reconnaître chez lui et chez son frère la tenue des petits écoliers de l'époque.
Le Cabinet des Estampes de Berlin a un document non moins intéressant; c'est un dessin du vieil Holbein représentant deux têtes d'enfants. Le nom Holbein est écrit en caractères du xvie siècle entre les deux tètes, et au-dessus de chaque crâne se lisent les noms des enfants. Le plus jeune porte la désignation Hans et le chiffre 14, le nom du second est à demi effacé; on peut lire encore ...prosy qui serait les restes d'un diminutif quelconque à" Ambrosius. Hans a grandi; ses cheveux moins légers n'ondulent plus comme naguère. Ils sont plats, coupés sur le front et lui couvrent les oreilles. Ses traits se sont accentués, sa bouche est ferme, son nez vigoureux, son regard doux mais incisif. Ses joues se construisent par plans larges et énergiques.
Dans un tel milieu, il se développa vite sans doute et le musée de Bàle prétend avoir une œuvre de sa jeunesse, dans une enseigne d'école dont l'exécution est assez grossière. On a scié la planche de façon à pouvoir présenter la face et le revers comme deux tableaux.
Ils figurent l'un et l'autre des intérieurs d'école où le maître et l'institutrice élèvent des petits enfants. Une inscription allemande, pleine de conseils salutaires, invite grands et petits à s'instruire.
Mais où le peintre se révèle avec toute la magistrale énergie de son talent, c'est dans la série de ses portraits. Malgré son long séjour en Angleterre, plusieurs