PORTRAIT DE PETITE FILLE, PAR G. FLINGH
Musée du Louvre. (Neurdein, phot.)
sont allemands, représentent ses compatriotes.
Bàle montre le dessin aux crayons de couleur, étude première d'Anna Meyer pour le fameux tabLeau dit la Madone de Jacques Meyer. Anna est assise, les cheveux sur le dos, la tête baissée, l'expression réfléchie, très vivante. Nous la retrouvons coiffée d'un riche bonnet dans le tableau. Ce chef-d'œuvre adonné lieu à de nombreuses discussions.
Il est au musée de Dresde et il est à Darmstadt. Quel est l'original? Longtemps on ne fut pas d'accord; on ne l'est peut-être encore pas aujourd'hui. Pourtant, vers 1 87 1 , les circonstances ayant permis de les rapprocher et de les comparer, les connaisseurs conclurent en faveur du tableau de Darmstadt. On pourrait satisfaire tout le monde en faisant remarquer que les deux tableaux ne sont pas absolument semblables, que certaines variantes sont manifestes et qu'étant donnée la valeur de chacun, il se pourrait qu'ils fussent l'un et l'autre de la main du maître.
Un intérêt légendaire, plus accessible à tous, ajoute à tous les attraits de ce tableau. Suivant une poétique tradition, Jacques Meyer aurait commandé ce travail en souvenir de la guérison miraculeuse de son petit enfant. Et pour affirmer sa reconnaissance, la rendre plus frappante et plus solennelle, il aurait demandé au peintre de mettre son fils dans les bras de la Vierge et de représenter Jésus à sa place, au milieu de la famille. Cette bizarre fantaisie explique la nudité de l'enfant que le fils aîné tient contre lui parmi les parents et elle explique aussi la frappante ressemblance des deux bébés, de celui qui est par terre avec la famille Meyer et de celui qui, dans les bras de la Vierge, se renverse avec un si joli mouvement.
En tout cas, il n'y a pas lieu de mettre cette explication en doute : elle est tout à fait d'accord avec le sentimentalisme du caractère allemand. Elle rappelle