LES ŒUVRES
Au xve siècle, à ses premiers débuts, avant de subir la domination de la peinture italienne, la France, dans les belles miniatures des enlumineurs, obéit pendant quelque temps à l'influence des Flamands. Plus tard, ce fut encore de Bruxelles que le premier des Clouet lui apporta les secrets et la tradition des
Van Eyck et vint former à la cour une école de portraitistes fidèle aux pratiques et à la vision des maîtres septentrionaux.
Les miniaturistes et les enlumineurs de Paris étaient célèbres, mais les rares enfants peints dans les manuscrits n'ont en général aucun intérêt iconographique. Il est indéniable que Fouquet fait preuve de rares qualités de clarté, d'élégance, de bel équilibre. Il a, en outre, le talent d'élever ses petites miniatures au rang de véritables tableaux d'histoire. Il manie, groupe et remue des foules, des armées et des cortèges avec sûreté et ingéniosité dans la composition, conscience et précision dans l'exécution. Malheureusement pour nous, à peine si, dans ce peuple nombreux, on aperçoit quelques petits visages mutins et souriants.
LOUIS XIII ENFANT, PEINTURE ANONYME Florence. — Galerie des Offices.
EN FRANCE
Nous en dirons autant de Jean Bourdichon et de Jean Perréal. Mais, aussitôt que nous arrivons aux Clouet, des enfants menus, guindés, pleins de vie apparaissent.
L'œil ignorant des amateurs français n'appréciant que la précision et l'exactitude dans les détails, on admirait surtout les Clouet pour leurs qualités de vérité. Bien qu'ils aient une valeur d'art plus relevée, leur honnêteté est devenue très précieuse, et nous les aimons aussi pour les très fidèles documents qu'ils nous ont transmis sur les