‹ Les portraits de l'enfantChapitre 99 sur 161 · LOUIS DE FRANCE, FILS DE LOUIS XV ET PÈRE DE LOUIS XVI, PAR NATTIER · texte numérisé non relu

LOUIS DE FRANCE, FILS DE LOUIS XV ET PÈRE DE LOUIS XVI, PAR NATTIER

Musée de Versailles. (Neurdein, phot.)

Et Sarrazin avait exécuté en or une statue du même poids. Qu'est devenu ce curieux ex-voto, d'un symbolisme si frappant, qui annonçait si bien le faste pompeux du Roi Soleil?

Lorsque l'Infante d'Espagne fut amenée en France pour épouser le Dauphin (1745), on fut très surpris de découvrir qu'elle ne mettait pas de rouge, qu'elle n'en avait jamais mis. Ce fut une affaire considérable. On s'empressa d'en avertir la cour; il y eut dans le palais de Versailles une délibération solennelle. On craignit que le Dauphin ne trouvât trop mauvaise mine à la princesse. Et le duc de Richelieu, premier gentilhomme de la chambre, fut dépêché pour aller porter, à la future Dauphine, la « permission de mettre du rouge ». Cette permission était un ordre. Marie-Thérèse obéit; on ne dit pas si ce fut avec plaisir.

Ainsi l'exquise fraîcheur de l'enfant ne fut pas respectée : le fard envahit les visages roses, empâta l'épidémie soyeux de la jeunesse, gâcha, dès l'âge tendre, le visage humain.

Et ce fut à ce moment que parut la vogue du pastel, digne matière d'art destinée à représenter cette époque frivole, à traduire par son éclat de fleur l'éclat des visages fardés, à perpétuer dans sa poudre fragile l'âge maniéré de la poudre : à siècle futile art éphémère.

Et pourtant le pastel mérite notre respect. Sa fragilité est indéniable, mais si la peinture à l'huile semble plus robuste, elle est en somme plus variable. Un pastel bien fait et bien soigné ne donnera aucune désillusion ; tandis que la peinture à l'huile la mieux peinte jaunira avec le temps, noircira, craquera peutêtre, en tout cas se transformera fatalement. La simplicité de son procédé met le pastel à l'abri de ces accidents. Il redoute les en-

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