AU MUSEO PIO-CLEMENTINO
Dans ce même travail ') où il a publié le prétendu autoritratto de Michelange de la Collection Obaix d'Est-Ange, le portrait attribué à Salviati, de la Collection Moud et le prétendu portrait, découvert par lui même, à la fresque de Iacopo del Conte, dans l'oratoire de S. Giovanni Decollato, Mr Steinmann étudie le nouveau portrait de Michelange, qu'il a également découvert dans un relief de marbre, attribué par lui a Ammanati. Ce relief se trouve au Museo Pio-Cleinentino, du Vatican.
Le relief est il bien d'Animanati; et y a-t-il vraiment dans ce relief, un portrait de Michelange î
Le relief lit autrefois partie de la Collection de Cavaceppi, l'ami de Wiuckelmann, qui le figura2) en l'attribuant à Michelange lui même, mais sans indiquer sa provenance, et sans y découvrir, non plus, le portrait.
!) E. Steinmann, Zw Ikonographie Michelangelo, avec 4 figures.
Monatshefte f. Kimstw., vol. I, pp. 40-52, 1908, avec un supplément, p. 651.
2) Cavaceppi, BaccoUa d'anticlte statue, vol. III, pi. 60, 1768.
Masi, dans son catalogue !), le décrit ainsi: « travail moderne, mais très remarquable. Le relief représente Cosimo, présidant à la Kestauration de Pisa ; on le voit, chassant d'un côté les vices, appellant de l'autre les hommes d'action et de science. Parmi ces derniers, on reconnaît le portrait de Michelange, auquel on attribue également l'exécution de ce relief, qui se trouvait dans la collection Oavaceppi. » Masi n'était pas un savant, mais un capo-custode; de lui, provient la suggestion reçue par Mr Steinmann. Il peut arriver qu'un capo-custode voie des choses qui échappent aux savants et aux critiques; mais, dans le cas actuel, le critique et le capocustode sont égaux devant l'erreur. Il n'existe, en ce relief, aucun portrait de Michelange, aucune figure qui vraiment lui ressemble; mais, en l'attribuant à Ammanati, Mr Steinmann ajonte une erreur au texte de Masi, qui, lui, quant à l'attribution, au moins restait dans l'incertitude.
Mr Steinmann, pour démontrer sa thèse a fait de très savantes recherches, dans lesquelles il a été aidé encore par le prof. Bartolomeo Nogara.
Après avoir étudié les vicissitudes de Pisa sous le règne de Cosimo, Mr Steinmann rappelle la fresque de Vasari 2), au Palazzo Vecchio de Florence, qui représente à peu près le même sujet. Mr Steinmann voit distinctement, en ce relief, le portrait de Michelange, qu'il reconnaît surtout à la « gobbetta » de son nez, dans le vieillard barbu, à la gauche du relief, dont la tête est placée an dessus de celle d'un autre vieillard portant un disque. Il convient, il est vrai, que ces personnages idéalisés ne constituent pas de véritables portraits. Cependant, il retrouve aussi, dans le relief, le portrait d' Ammanati; et, pour arriver à attribuer à ce sculpteur cet ouvrage, il fait les plus louables efforts de critique et de
x) Masi, Catalogue du Museo Pio-Clementino, p. 45, 1792; 2e éd. p. 68, 1854.
2) Vasari, Vin, p. 192.
bibliographie. Ammanati aurait exécuté ce travail vers 1560. M.r Steinmann a également beaucoup voyagé, à la recherche de cette démonstration: à San Pietro in Montorio, de Kome; au Palazzo Vecchio et a S. Giovannino degli Scolopi, de Florence. Enfin, à Padua, dans le monument de Benavide aux Eremitani, il a trouvé la confirmation définitive de sa thèse. En somme, il a été partout, il a tout vu, tout lu.... excepté la page 129 du vol. VI de Vasari *), où, dans la vie de Pierino da Vinci, le neveu de Lionardo, Vasari décrit explicitement ce relief, que l'auteur, mort très jeune, en 1554 croit-on, laissa inachevé. Il fut complété, d'ailleurs assez malheureusement, après sa mort. Vasari n'a trouvé, dans ce relief, aucun portrait de Michelange; nous l'imiterons.
Durant le cours de ce travail, nous nous sommes toujours très bien trouvé de le suivre; et si cette œuvre a quelque mérite, c'est parceque les affirmations de Vasari, qui nous semblaient avoir tous les caractères requis pour constituer une bonne hypothèse scientifique et présenter toutes les garanties de véracité, nous ont servi constamment de guide, n'ont pas été perdues de \ ne un seul instant.
') A. Gottschkwski (Das Pisa-Eelief de» Mxiseo Pio-CUmentino. Monatshefte f. Kunatw., vol. II, p. 446) a déjà fait cette observation, en 1909.