LES BUSTES DE MICHELANGB
PAK EICCIAKELLI (DANIELLO DA VOLTEEEA) ET LEUKS DÉBITÉS
Dans inoii étude générale des portraits de Miehelange, j'ai accepté comme hypothèse directrice le texte bien connu de Vasari, dans lequel le Biographeénumère seulement, parrui les nombreuses images de Miehelange -j'en ai réuni une œntaine -, quatre portraits véritables, c'esl à dire posés: les peintures <le Bugiardini el «le [aoopo de! Oonte, la médaille de Leone Leoni et le buste de Bicciarelli: « l>i Bfiohelagnolo non ci è al tri ritratti che duoi <li pittura, uno <li mano de! I'-ugiardino, e l'altro <li lacopo «1<1 Oonte, <'il uno <li bronzo di tutto rilievo, fatto <la Daniello Bicciarelli, e questo del Cavalier Lione: da e' quali se n'è laite tante copie che n'ho visto in molti luoghi di Italia, e fuori assai numéro » 1).
Vasari était parfaitement informé en ces matières. Sou témoignage est d'autant moins suspect, qu'il ne cite, en cette liste, aucun des quatre portraits de seconde main de Miehelange, qu'il a Lui-même exécutés: fresques de la Cancelleria et du Palazzo Yecchio, dessin frontispice de sa Kaccolta di Disegui, gravure sur bois de la 2e éd. des Vite; sans
!) Vasari, VII, 258, Yita di Mi< hdagnolo. Je reproduis la ponctuation même de Vasari : vol. II délia terza parte, p. 769.
parler du buste du tombeau de Santa Croce, qu'il a certainement influencé. On ne peut d'ailleurs entrevoir quel intérêt il aurait eu à dissimuler la vérité.
Les principes les plus élémentaires de toute investigation scientifique commandaient impérieusement, dans ces conditions, d'examiner d'abord les faits, c'est à dire les documents et les œuvres, à la lumière du texte de Vasari; quitte à l'abandonner, ou bien à le compléter, s'il se trouvait en défaut ou ne témoignait pas d'une valeur explicative suffisante.
Les résultats de l'étude consacrée aux bustes, et plus encore, ceux que nous fournira l'étude des peintures de Bugiardini, de Iacopo del Conte et de leurs dérivés, montrent que les affirmations de Vasari peuvent être acceptées au pied même de la lettre, qu'il était bien informé et n'a pas altéré la vérité.
Outre ces quatre portraits, il existe cependant un cinquième portrait de Michelange, celui de Francesco da 01landa, dont l'original se trouve au Palais de l'Escorial, en Espagne; mais Vasari ne l'a pas connu.
Les documents, c'est à dire les textes de Vasari, complétés par les correspondances publiées depuis, nous apprennent que, sur le moulage de la creta exécutée par Eicciarelli, avec une vraisemblance équivalant presque à une certitude, après la mort de Micbelange, trois cires et trois cires seulement ont été préparées. Deux de ces cires servirent pour les deux bustes remis à Lionardo, neveu de Michelange, lors de son voyage à Eome, à la fin de 1566, quelques mois après la mort de Eicciarelli, par les garzoni de son atelier. La troisième cire, probablement préparée par Diomede Leoni lui-même, mais sur le même moulage - sauf pour le vêtement et la poitrine, qui semblent être de son cru -, fut destinée au buste que cet artiste se réserva. Les documents que nous allons immédiatement citer, ne parlent que de ces trois exemplaires du buste de Eicciarelli.
En 1865, paraissait la publication Daelli J), qui renferme plusieurs documents essentiels concernant le bnste de Daniel de Vol terra; mais, chose curieuse, ces documents, absolument authentiques et qui ne sauraient être discutés, testèrent complètement inutilisés, jusqu'à la publication de Thode 2), en 1908. Nous les reproduisons, en les intercalant chronologiquement parmi ceux que publia Gotti 3), en 1875, l'année de la célébration du IVe centenaire do .Mielielange. Les documents concernant les bustes de Mielielange par Ettociarelli, provenant «le la publication Daelli, sont indiqués par un astérisque; ceux qui proviennent de Gotti, par une croix.
Le premier document que nous possédions oonoernanl bustes, est <le la main de Ricciarelli. O'esl une lettre datée de Eome, le 11 juin 1564, écrite à Lionardo (Daelli, .".1: non citée par Gotti). fifiohelange était mort quatre mois auparavant, le 18 février 15(11.
* « Qnanto ai rit rat ti di métallo lino, aqui ne ho tonnai a una cera; si va facendo quanto si puô in ta] caso e non sa manoherà con la débita diligemda oondurli a fine cou <niella più prestezza che sarà possibile. »
Le !» septembre 15(11, lettre de Diomede Leoni, disciple de Ricciarelli, datée de Rome (Daelli, 35; non citée par Gotti).
* Ricciarelli est aux bains de San Filippo Bopra la Paglia, nel Senese. « Le due vostre teste di quella bons memoria sono a buon termine et certo che vi Bodisfaoeranno perché vi è stata usata la débita diligentia. »
Le 9 février 1565, Diomede Leoni écrit, de Rome, a Lionardo (Daelli, 36; non citée par Gotti).
!) Carte Michelangioïesehe inédite. Daelli, 1865 (voir p. 122, note 3).
2) Thode, iRchelangelo und das Emh der Bmaisaameej vol. I, p. 483. « Aunnlen » de la vie de Micbelange, 1902 ; et avec beaucoup plus de détails, dans « Die alten Bildnisse Miclielaugelos. » Même ouvrage, vol. V, pp. 532-54, 1908.
3) A. Gotti, Vita di Michelangelo Jinomirrott, 2aed., 1876, vol. I, pp. 372-74 et vol. II, p. 147.
* Daniello, qu'il n'a pu voir ce jour là, écrira à Lionardo au sujet des deux têtes et il a voulu, lui-même (Diomede), en posséder une: «per goderlo con li occhi si corne lo vedro sempre con l'animo e col cuore; e tutte tre si trovano a termine cbe nou manca si non gettarle et benche Messer Daniello non habbia di bisogno di sprone per farvi questo et ogni altro servitio prontissimamente, io nondimeno per interesse mio privato ancbora saro diligente sollicitatore cbe siano quanto prima gettate si, corne lo spero, presto et penso cbe vi sia scritto da lui. »
Le 21 avril 15G5, Diomede Leoni écrit, de Eome, à Lionardo (Daelli, 38; non citée par Gotti ni par Tbode).
* Daniello le prie de faire savoir à Lionardo que « le due teste di quella buona memoria, ne lui sortent pas du souvenir, cbe presto saranno gettate ensieme con la mia, la quale voglio appresso di me per bonor mio. »
Le 8 septembre 1565, Diomede Leoni écrit à Lionardo (Gotti, II, p. 147).
+ « Le vostre teste similmente sono venute bene: et al suo ritorno si rinetteranno; » c'est à dire après le retour de Dauiello des bains de S. Filippo. La lettre annonce également que le cbeval de bronze, pour la statue de Henri II, de France, a été fondu (voir p. 90). On a évidemment attendu cette occasion, pour fondre les têtes en même temps.
Puis vient la lettre du 6 octobre 1565, de l'arcbivio Buonarroti, publiée, comme la première à ce sujet, par Gotti (I, p. 372). Elle est écrite, de Eome, par Diomede Leoni, à Lionardo. Non seulement Gotti connaissait les lettres précédentes de l'édition Daelli ; mais, lui-même, publie dans le vol. II, p. 147, la lettre qui précède. A la p. 372 du vol. I, il l'a oublié; c'est là un bon exemple de l'incroyable légèreté avec laquelle a travaillé Gotti.
t « Gli ricorderô (à Daniello) le vostre due teste, e troverà la mia a buon termine, cbe gli farà venir la voglia di fare rinettare le vostre, tanto più presto. »
Le 9 mars 156G, Diomede Leoni écrit à Lionardo (Daelli, 40; non citée par Gotti).
* Il s'excuse de sa négligence, s'occupera de l'épitaphe destinée à la tombe de S.1* Croce (voir p. 125): * accioche si possa qui anchora fare qualehe cosa cbe sia in parte degna délia memoria di tanto buomo, de! quale io haverô presto la effigie finita, cbe mi fa sperme, eh*' le due vostro anebora sîano pez piacere. Non baverai eradnto mai ohe fusai andato tanto tempo a rinettarla ne tanta spesa (cette phrase prouve bien que ce n'est pas lui-même - el Bans doute non plus aucun des autres garzoni de Kieeiarelli -, qui a t'ait le travail de nettoyage el <ie ciselage de la tète); e veto ohe non bo fatto risparrilare a ogni possibile diligentâa. »
Le 4 juin L566, Diomede écrit, <le San Qulrioo ne! Sent-.'. sa patrie, à Lionardo (Daelli. 11: non dtée par (iotti).
* Diomede annonce a Lionardo la mort de Daniello, survenue à Home le •'! avril 1566 (Vasari dit le 4). Lui-même a quitté Borne le jour de la mort. ■ Le due teste <li quelle bons memoria erano in essere al partir mio di Borna ma non rinettate; penso haverete «lato online ohe pervenghino
in vostre mani; cl quanto al tarie rinettarc, se COSi vi |iarra
potrete differire al ritorno mio là, ohe allora si Earanno pas-
sare per le mani di tino, cbe ha rinettata la mia Ito
bene. »
Gotti publie encore deux lettres, de l'archivio Knonarroti, écrites a Lionardo, l'une par Eaoopo del Duca, L'autre par Micbele Albert i, un Florentin, garzone «le Kieeiarelli, à la même date du L8 avril 1566, que Gotti indique lui-même: bien qu'il dise eu son texte, par étourderie, que ce soit un an après la mort de Daniello.
t « Oiroa le testa de mitallo, Messer Daniello gli ba gettati, ma sono in modo cbe liormai se banno da lare de novo con ciselli et lime, si cbe non so se saranno a proposito per V. S.: fate voi. Io per me vorrei bavesti il ritratto délia bona memoria de missere, non d'un altro. V. S. faze lei;
coinmetta a qualcheduno che vi ragguaglie nieglio di me.
50 che quel che dico, dico per amor che vi porto, et forse, essendo vivo Daniello, l'arebbe fatte conduire a uu modo, che questi soi genti non so quel che faranno.