PARALLÈLE ENTRE LKS GRANDS ET LE PEUPLE
Si je compare ensemble les deux conditions des hommes les plus opposés, je veux dire les grands avec le peuple, ce dernier me paroît content du nécessaire, et les autres sont inquiets et pauvres avec le superflu. Un homme du peuple ne sauroit faire aucun mal ; un grand
(1) Coteaux, L'ordre des coteaux, dont Boileau parle dans la Satire III, était un cercle de gourmands : soit des seigneurs qui différaient d'opinions sur la valeur des vins de Champagne; soit, d'après une autre hypothèse, des buveurs délicats qui ne pouvaient supporter que les vins d'un coteau ou au plus trois (Aï, Hautvilliers et Avenay).
(2) Meute : troupe de chiens dressés pour la grande chasse et qui courent en avant: — vieille meute: chiens qui courent par derrière.
(3) Des citoyens : les ministres de Louis XIV, presque tous bourgeois.
(4) Pas tous : Saint-Simon appelle avec colère la monarchie de Louis XIV un « règne de roture et de vile bourgeoisie. »
(5) Le fils du maréchal de La Fcuillade épouse la fille de Chamillart, bien que fort laide. Les trois filles de Colbert, fils d'un marchand de laine, épousent trois ducs et pairs : les ducs de Chevreuse, de Beanvilliers et de Mortemart.
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ne veut faire aucun bien (1), et est capable de grands maux. L'un ne se forme et ne s'exerce que dans les choses qui sont utiles ; l'autre y joint les pernicieuses. Là se montrent ingénument la grossièreté et la franchise; ici se cache une sève maligne et corrompue sous l'écorce de la politesse. Le peuple n"a guère d'esprit, et les grands n'ont point d'âme (2) : celui-là a un bon fond, et n'a point de dehors; ceux-ci n'ont que des dehors et qu'une simple superficie. Faut-il opter? Je ne balance pas: je veux être peuple (3).