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l'ostentation de la charité

Aristarqiie (1) se transporte dans la place avec un héraut et une trompette ; celui-ci commence : toute la multitude accourt et se rassemble. « Ecoutez, rjeuple, dit le héraut; soyez attentifs, silence, silence ! Aristarque, que vous voyez présent, doit faire demain une bonne action. » Je dirai plus simplement et sans figure (2): « Quelqu'un fait bien, veut-il faire mieux? que je ne sache pas qu'il fait bien, ou que je ne le soupçonne pas du moins de me l'avoir appris. »

(2) Cf. Pascal [Pensées) : « Un vrai ami est une chose si avantageuse, même pour les plus grands seigneurs, afin qu'il dise du bien d'eux et qu'il les soutienne en leur absence même, qu'ils doivent tout faire pour en avoir... »

(3) Tournure embarrassée et obscure. C'est sans doute une allusion à quelque fait connu de La Bruyère seul ou, tout au plus, du cercle des Condés.

(1) Aristarque: le premier président de Harlay, qui, en faisant le bien, aimait qu'on le sût. Un jour, on vint lui apporter à Beaumont un legs de vingt-cinq mille livres : il se rendit à Fontainel)lcau et, par devant un notaire royal, en fit don aux pauvres. D'après Mme de Sévigné, il se montrait fort généreux à l'égard de son secrétaire et de ses domestiques, afin de leur ôter tout désir d'exploiter leur situation.

(?) Sans figure : en disant les choses comme elles sont.

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