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l'hypocrisie de cour

Négliger vêpres comme une chose antique et liovs de mode, garder sa place soi-même pour le salut, savoii les êtres de la chapelle (1), connoître le flanc (2), savdii' où l'on est vu et où l'on n'est pas vu; rêver dans leglÎM' à Dieu et à ses affaires, y recevoir des visites, y donni i des ordres et des commissions, y attendre les réponses: avoir un directeur mieux écouté que l'Évangile; tin i toute sa sainteté et tout son relief (3) de la réputation d" son directeur, dédaigner ceux dont le directeur a moins de vogue, et convenir à peine de leur salut; n'aimer de la parole de Dieu que ce qui s'en prêche chez soi ou par son directeur, préférer sa messe aux autres messes, et les sacrements donnés de sa main à ceux qui ont moins de cette circonstance (4); ne se repaître que de livres de spiritualité, comme s'il n'y avoit ni Évangiles, ni Epitros des Apôtres, ni morale des Pères (3); lire ou parler un

(3) Le dérèglement du cœur et de l'esprit, c'est leur désorientation, leur perversion, telle qu'aux yeux d'un chrétien sincère conuiii' La Bruyère, elle doit résulter du « libertinag-e », c'est-à-dire de l'impiété.

(4j II est bien entendu que dans tous ces passages où il parle du dévot, La Bruyère, sans aucune arrière-pensée, n'a en vue que le faux dévot. La jeune cour, galante et libre, de Louis XIV si indulgent pour le Tartuffe, avait fait place à une cour dominée par Mme ,1,. Maintenon. et on la dévotion, au moins extérieure, était de règle.

(1) La cliapelle de Versailles. Il fallait être vu, avant tout, et attirer les regards du roi. Pour ces faux dévots, à quoi bon se rendre à l'église, si personne n'en sait rien?

(2; Le flanc: c'est-à-dire comme l'explique M. Sorvois, « la i)artu' que flanque, que voit la tribune roj'alc ».

(3; Son relief: son prestige.

(4; Tournure embarrassée : qui ne jouissent pas de ce privilège.

(5; Comme s'il n'y avait pas à lire les ouvrages fondamentaux de la religion chrétienne, plutôt que ceux qui la raffinent à l'excès.

DF LA MODE 2 2 î)

jargon iiiconiui aux ineiniers siècles (0); circonstanficr à confesse les défaiils irauliui, y pallier les siens; s'ai"cuscr de ses soulTranoes, de sa patience; dire comme un péché son peu de progrès dans l'héroïsme ; être en liaison secrète avec de certaines gens contre certains autres; n'estimer que soi et sa cabale, avoir pour susiircte la veitu même; goûter, savourer la prospérité et la faveur, n'en vouloir que pour soi, ne point aider au mérilo, faire servir la piété à son ambition, aller à son salut par le chemin de la fortune et des dignités : c'est du moins jusqu'à ce jour le plus bel effort de la dévotion du temps.

Un dévot (7; est celui qui sous un roi alliée seroit athée.

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