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IV INTRODUCTION

2" Séjour dans la maison des Condés (1684-1696). Le duc de Bourbon était entre les mains de plusieurs précepteurs : La Bruyère avait pour tâche spéciale de lui enseigner l'histoire, la géographie et les institutions de la France. Deux illustres personnages s'intéressèrent aux efforts du nouveau maître : le grand Condé, qu'il mettait par correspondance au courant des progrès de son élève, et Bossuet, ami personnel de longue date, qui l'avait fait entrer dans la maison, et vint une fois écouter son commentaire sur les Principes de Descartes.

Mais les progrès étaient lents. Il ne suffit pas, pour avancer, d'avoir un professeur tel que] La Bruyère, des surveillants tels que Bossuet et Condé. Le duc de Bourbon était paresseux, brutal, obstiné; son père, M. le Duc, d'un caractère excentrique et capricieux, ne pouvait exercer sur lui une heureuse influence. La Bruyère avait beau simplifier l'étude de l'histoire et enguirlander les descriptions de la géographie : l'élève faisait trop souvent la sourde oreille. En un an d'efTorts on ne put arriver qu'au règne de François I*"". A ce moment (1685), le duc de Bourbon, qui n'avait que seize ans, épousa une fille de Louis XIV, Mademoiselle de Nantes, qui en avait onze. Ce mariage ne supprima pas immédiatement les leçons : La Bruyère eut, pendant quelques mois, deux élèves au lieu d'un. Mais la jeune duchesse, d'ailleurs très spirituelle, était en même temps, au dire de Saint-Simon, « méprisante, moqueuse, piquante, incapable d'amitié et fort capable de haine î>. Comme La Bruyère, par certains côtés, prêtait un peu à la raillerie, on peut tenir pour assuré que ce second préceptorat ne le consola point du premier.

Et pourtant, en 1686, quand la mort du grand Condé,

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