‹ Les portraitsChapitre 6 sur 253 · VIII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

VIII INTRODUCTION

cine, où il élevait lo second bien au-dessus du premier, et n'excusait l'admiration d'CEf/jpe que chez quelques vieillards partiaux pour les souvenirs de leur jeunesse.

Les vieillards se fâchèrent, et avec eux le frère et le neveu de Corneille, Thomas Corneille et Fontenelle, qui tinrent pour une offense grave cette insulte à la mémoire du grand poète. Thomas Corneille inséra dans le Mercure galant, un journal qui avait ses raisons pour en vouloir à La Bruyère, un article virulent contre le malencontreux académicien; Fontenelle souleva l'opinion publique. On demanda même que l'Académie refusât l'impression de ce discours dans le recueil des harangues académiques ou, tout au moins, retranchât l'allusion à Corneille. Mais la campagne échoua.

La Bruyère, qui était très sensible, ne pardonna pas à l'Académie l'altitude hostile de quelques-uns de ses membres ; grammairien expert et qui aA'ait l'habitude de peser chaque mot, il aurait pu utiliser son savoir au profit du dictionnaire dont la compagnie préparait la première édition (1694): probablement il dédaigna d'y concourir.

5° Dernières années (1693-1696). Boileau écrivait de lui en 1687 : k C'est un fort bon homme, et à qui il ne manquerait rien si la nature l'avait fait aussi agréable qu'il a envie de l'être. » Le mot est exact. Mais n'est pas agréable qui veut. Avec un grand désir de plaire, il plaisait médiocrement; ajoutons que peu de personnes lui plaisaient. Chez les Coudés, il n'aimait guère les autres subalternes, comme ce Gourville, jadis laquais de la Rochefoucauld, devenu riche et confident de ses maîtres.

LA BRUYERE

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