‹ Les portraitsChapitre 60 sur 253 · l'érudition de détail · texte numérisé non relu

l'érudition de détail

Hermagoras (1) ne sait pas qui est roi de Hongrie;

(4) La coqueluche, l'entêtement : objet de la prédilection.

(5) Qu'at-il dit? que signifient ses paroles? Plus Théobalde est obscur, plus on l'admire.

(1) Le Louvre, séjour des rois avant le palais de Versailles, la Place Royale, à cette époque rendez-vous du beau monde, voilà des endroits a nobles ». Mais les Halles, un marché, et le Châtelet, une prison, voilà des endroits quune élégante se doit à elle-même d'ignorer.

(2) Tours : détours.

(3) Le discours : la conversation.

(1) D'après les clefs, ce serait un bénédictin, auteur d'un manuel de

il s'étonne de n'entendre faire aucune mention du roi de Bohême (2); no lui parlez pas des guerres de Flandre et de Hollande (3), dispensez-le du moins de vous répondre : il confond les temps, il ignore quand elles ont commencé, quand elles ont fini; combats, sièges, tout lui est nouveau; mais il est instruit de la guerre des géants, il en raconte le progrès et les moindres détails, rien ne lui est échappé; il débrouille de même l'horrible chaos des deux empires, le Babylonien et l'Assyrien (4); il connoît à fond les Égyptiens et leurs dynasties. Il n'a jamais vu Versailles, il ne le verra point : il a presque vu la tour de Babel, il en compte les degrés, il sait combien d'architectes ont présidé à cet ouvrage, il sait le nom des architectes. Dirai-je qu'il croit Henry IV (5) fils de Henry III? 11 néglige du moins de rien connoître aux maisons de France, d'Autriche, de Bavière: « Quelles minuties! » dit-il, pendant qu'il récite de mémoire toute une liste des rois des Mèdes ou de Babylone, et que les noms d'Apronal, d'Hérigebal, de Noesnemordach, de Mardokempad, lui sont aussi familiers qu'à nous ceux de Valois et de Bourbon. Il demande si l'Empereur a jamais été marié; mais personne ne lui apprendra queNinus a eu deux femmes. On lui dit que le Roi

chronoloo-ie. Mais M. Chassang se demande si La Bruyère, très pieux, aurait voulu froisser un homme d'Eglise, d'ailleurs véritable savant. Il faut y voir moins un portrait qu'une caricature ; La Bruyère

charge à dessein, suivant son procédé habituel, pour rendre l'original méconnaissable.

(2) A cette époque, il n'y avait plus ni roi de Bohème ni roi de Hongrie, puisque la Bohême avait reconnu la domination autrichienne depuis 1527 et la Hongrie depuis 1570.

(3) Guerres de Flandre et de HoUande, qui, interrompues par le brillant traité de Nimôgue, venaient de recommencer au moment ou La Bruyère publiait son livre.

(4) Professeur d'histoire du duc de Bourbon, La Bruyère paraît se souvenir avec effroi de l'horrible chaos babylonien et assyrien qu'il lui fallait débrouiller pour son jeune élève.

(5) « Henri le Grand » {Note de La Bruyère) : ce qui rend l'erreur de ce savant encore moins excusable.

jouit d'une santé parfaite; et il se souvient que Thetmosis, un roi d'Egypte, étoit valétudinaire, et qu'il tenoit cette complcxion de son aïeul Alipharmutosis. Que ne sait-il point? Quelle chose lui est cachée de la vénérable antiquité? Il vous dira que Sémiramis, ou, selon quelques-uns, Sérimaris, parloit comme son fils Ninvas, qu'on ne les distinguoit pas à la parole : si c'étoit parce que la mère avoit la voix mâle comme son fils, ou le fils une voix efféminée comme sa mère, qu'il n'ose pas le décider. Il vous révélera que Nembrot étoit gaucher, et Sésostris ambidextre (6); que c'est une erreur de s'imaginer qu'un Artaxerxe ait été appelé Longuernain parce que les bras lui tomboient jusqu'aux genoux, et non à cause qu'(7) il avoit une main plus longue que l'autre; et il ajoute qu'il y a des auteurs graves (8) qui affirment que c'était la droite, qu'il croit néanmoins être bien fondé à soutenir que c'est la gauche.

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