‹ Les portraitsChapitre 94 sur 253 · l'homme de cour · texte numérisé non relu

l'homme de cour

Un homme qui sait la cour (1) est maître de son geste, de ses yeux et de son visage; il est profond, im-

(8 Praticien : homme d'affaires.

(9; Les grands, c'est-à-dire les riches; — le particulier, c'est-àdire le possesseur d'une fortune moyenne. — On peut ainsi résumer la longue diatribe de La Bruyère : A bas le progrès! C'est en faire d'un mot la critique. Voilà bien des siècles que certains mettent le passé au-dessus du présent, pour la seule raison que le passé est loin de nous et qu'à distance les imjjerfections échappent, tandis que le présent nous saute aux yeux et parfois nous tyrannise. Cette banalité, ce lieu commun n'a guère été raieuni par La Bruyère. Il est curieux de voir combien un penseur si hardi à quelques égards, se montre à d'autres points de vue timide et arriéré.

(1; Qui sait la cour : qui coanait les usages deja cour.

pénétrablc; il dissimule les mauvais offices (2), sourit à ses ennemis, contraint son humeur, déguise ses passions, dément son cœur, parle, agit contre ses sentiments. Tout ce grand raflinement n'est qu'un vice, que l'on appelle fausseté, quelquefois aussi inutile au courtisan pour sa fortune, que la franchise, la sincérité et la vertu (3).

Page 1