‹ Les ports de la Basse-LoireChapitre 11 sur 36 · LES TRAVAUX D'AMÉNAGEMENT L'OUTILLAGE · texte numérisé non relu

LES TRAVAUX D'AMÉNAGEMENT L'OUTILLAGE

L'union de Nantes et Saint-Nazaire. — Au moment où la guerre de 191/I-1918 vint changer brusquement la vie du pays, depuis nombre d'années, déjà, Nantes et Saint-Nazaire s'étaient accordées pour mener à bien le développement économique de la Basse-Loire et se rangeaient parmi les grands ports de commerce français. Cette entente fructueuse, le Maire de Saint- Nazaire en exprimait la valeur en termes excellents, le 19 juin 1913, à l'occasion d'un banquet offert aux membres du « Congrès de l'Association pour la navigation intérieure », qui venaient d'être reçus à Nantes. « Si, » disait-il, « entre Saint-Nazaire et Nantes existe la saine rivalité qui fait le progrès, il y a aussi entre nous des liens d'attachement et le très grand désir des deux villes de voir chacune d'elles progresser, convaincus que nous sommes tous que la prospérité de l'une favorisera et assurera la prospérité de l'autre. » Et il évoquait l'avenir plein de promesses, ajoutant que, plus tard, ce qu'on verrait, ce ne seraient pas deux ports, Nantes et Saint-Nazaire, « mais un immense port occupant, sur une distance de soixante ki-

lomètres, les rives de la Loire et échelonnant, depuis Nantes jusqu'à la mer, de chaque côté du fleuve, les usines et les industries. »

C'est qu'en effet le rôle de chaque port s'était précisé et avait été mieux compris de part et d'autres. Etant donné les conditions actuelles du commerce maritime, Nantes ne pouvait pas prétendre à recevoir les immenses paquebots ; Saint-Nazaire ne pouvait pas prétendre transplanter à son profit le commerce, l'industrie nantais, ni même provoquer quelque appel, en ce sens, vers lui, si la Loire demeurait bloquée en amont. Nantes mort, Saint-Nazaire perdait l'attirance d'un négoce important ; Saint- Nazaire végétant, Nantes perdait l'attraction d'un port en eau profonde, bien outillé. Tout ceci avait été mis en pleine lumière par un avocat de Nantes, « loiriste » convaincu, M. A. Durand, dans une conférence faite à la Société de Géographie Commerciale de Paris. Il prouvait que Nantes doit soutenir Saint-Nazaire et y est tout disposé, car les deux ports se complètent. Saint-Nazaire a pour sa part le grand transit, les lignes postales, les chantiers de constructions pour grands navires ; Nantes profite de cette porte largement ouverte sur l'Océan et conserve son industrie active, son négoce riche et hardi qui déterminent la vie du port.

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