‹ Les ports de la Basse-LoireChapitre 33 sur 36 · IÔ · texte numérisé non relu

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Nantes. Liaison naturelle dont le ministre a tenu compte dans son projet de grandes régions économiques puisqu'il englobe la Mayenne, la Sarthe, le Maine-et-Loire, la Vendée, avec la Loire-Inférieure dans les limites de la région nantaise. Mais il faut, dès lors, que les pouvoirs publics fassent exécuter au plus tôt les travaux nécessaires pour rendre vraiment navigables, selon les conditions actuelles, la Mayenne et la Sarthe.

Canal de Nantes à Brest, Angers et Caen. — Il faut aussi transformer bien vite ce canal de Nantes à Brest si utile pour le transport des engrais de Nantes à l'intérieur de la Bretagne, notamment. Supprimer des écluses, élargir et allonger celles qui resteront, assurer au bief de partage une alimentation continue, tels sont les points sur lesquels un effort vigoureux et immédiat doit se porter. Au reste, en ce moment même, au Ministère des Travaux Publics, on étudie activement ces améliorations et même une jonction possible entre Loire et Manche, entre Angers et Caen.

La voie Nantes-Orléans-Briare. — De sorte que toutes ces régions de l'Ouest, débloquées, verront leur production sollicitée et que Nantes trouvera dans ces relations une cause nouvelle de prospérité. Lorsque la Société pour la Loire navigable a commencé ses travaux, elle savait qu'aujourd'hui un port de rivière doit pouvoir rayonner, grâce aux voies d'eau, le plus loin possible à l'intérieur du pays. L'exemple de certains ports allemands prouvait assez combien il y a intérêt à savoir se servir des fleuves, même naturellement médiocres.

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On ne saurait donc borner au tronçon Nantes- Angers la correction si heureuse de la Loire, Les Nantais, les riverains de l'amont veulent plus, ils ont raison. Car il ne s'agit pas seulement de reculer le barrage, il faut le supprimer. Or, il y a toute une partie de la Loire qui, grâce à des canaux, a retrouvé une vie active, c'est la Haute-Loire de Roanne à Briare, où de grands travaux ont été menés à bien pendant la guerre. Région d'ailleurs bien reliée à la Haute-Seine, à la Haute-Saône. L'atteindre, par l'aval, permettrait de relier deux tronçons qui, commercialement, ne se rejoignent plus.

La voie d'eau Nantes-Orléans-Briare doit y pourvoir. Jusque vers Tours, on l'a vu, le projet par la Loire même est réalisable sans trop de peine. « Nous espérons bien », écrivait l'illustre géographe Vidal de Lablache, « que, progressivement, il sera possible de relier à cette section navigable (Nantes- Angers), sinon le cours fluvial trop appauvri en amont du confluent du Cher, du moins le réseau des canaux du Berry qui, le long de cette rivière, s'avance déjà jusqu'à 5o kilomètres de Tours. Alors, toute la région industrielle qui englobe, du Nivernais au Berry, les poteries de Digoin, la métallurgie de Montluçon, les machines, porcelaines, verreries de Yierzon, trouverait un débouché vers la mer. » A condition, toutefois, d'améliorer les canaux du Berry, trop étroits pour les grandes péniches, et de les raccorder largement à la Loire tourangelle. C'est bien ce qu'escomptent, avec les Nantais, les habitants des régions intéressées. Pas de grosses difficultés techniques et intérêt national évident. Aussi, une décision ministérelle du i4 août 191 9 prescrit l'exécution,

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d'urgence, entre Maine et Vienne, de travaux analogues à ceux déjà exécutés entre Maine et Nantes. Le branle est donné, la Loire est réhabilitée.

Mais les partisans de la Loire intégrale, si l'on peut ainsi parler, ne renoncent pas à la voie d'Orléans. Le détour par le Berry encerclerait tout leur pays entre Tours, Paris et Briare, l'abandonnerait tel quel. Il est naturel que Blois, Orléans, qui gagneraient tant à pouvoir obtenir par eau les matières premières, à expédier par eau leurs produits (vins, vinaigres, chocolat, blés, bois) réclament contre tout oubli. Orléans déjà a obtenu la réparation d'une erreur bizarre qui arrêtait le canal d'Orléans à Combleux et les travaux pour le poursuivre jusqu'à la Loire, à Orléans même, sont en bonne voie d'achèvement. La question s'élargit encore, d'ailleurs, si l'on songe que Paris ne possède pas de débouchés atlantiques et que pourtant une voie de ce genre serait utile, quand elle ne servirait qu'à décharger cette voie unique de la Manche, chaque jour soumise à un trafic plus intense. Mais, ici, obstacle sérieux : la Loire a trop de pente, est de régime trop irrégulier pour que les moyens employés si efficacement entre Nantes et Angers réussissent ici. La création d'immenses bassins de retenue dans la région des sources atténuerait-elle cette irrégularité de régime ? Peut-être. Mais il sera toujours difficile de corriger, autant qu'il faudrait, les conditions primordiales du terrain et du climat qui sont les grands coupables. Pour la pente, on a songé à créer une sorte de profil en escalier, au moyen de barrages appropriés, à loger, en somme, un canal dans le lit même du fleuve. Enfin, depuis longtemps, certains préconisent un canal latéral dont le prix,

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malheureusement, serait très élevé. Mais ce sont projets à longue échéance et le « Comité de la Loire navigable » s'est judicieusement gardé de préconiser au-delà du Cher, telle ou telle solution. L'expérience décidera, après études approfondies.

Déjà, si l'on atteint le Cher, du même coup on dessert une grande partie de la France centrale et on peut rejoindre les voies navigables de l'Est. Ce sera un très beau succès pour Nantes. Si, en outre, une voie navigable se prolonge vers Orléans, ce sera mieux encore. La décision ministérielle du ik août 191 9 prévoit ce prolongement et s'exprime ainsi : « Les services compétents feront des propositions pour arrêter le programme du concours public à ouvrir en vue du rétablissement de la navigation dans la vallée de la Loire entre la Vienne et Briare, soit par l'aménagement du fleuve, soit par la continuité d'un canal latéral, avec port de transbordement au point de rencontre des deux voies navigables. »

Le « Grand Central ». — En ce qui concerne la liaison avec les régions de l'Est, les imaginations ont pénétré fort avant à l'intérieur du continent. Il est très remarquable, en effet, que l'Europe Centrale, dont la Suisse est, selon une expression quasi consacrée, la <( plaque tournante », manque de communications directes avec l'Atlantique, avec les rivages français de l'Atlantique, les plus voisins pourtant. La vallée du Rhin opérait la plus grande partie du trafic au profit de l'Allemagne ; le faible transit par la France suivait la direction du Havre. Il y a là, évidemment, dans notre réseau, une lacune à combler. Il devient très intéressant, pour le développe-

ment économique de la France, de compléter le filet des voies rayonnant autour de Paris, par de grandes transversales. Par le fleuve et les canaux, les Nantais et Nazairiens espèrent attirer à eux une partie du négoce suisse. Mais il s'agit d'aller vite et de mettre, dès maintenant, une voie rapide à la disposition de l'Europe Centrale, pour ses relations avec l'Amérique Centrale. Le courant doit s'établir au plus tôt ; plus tard la voie d'eau en prendra sa part. Déjà des Suisses sont venus à Nantes étudier les moyens, exposer leurs vœux ; déjà des Nantais sont allés à Genève prendre langue avec les Suisses. Or, par voie ferrée, de Genève à Nantes, on compte 93o kilomètres parcourus en 16 à 19 heures tandis que le trajet Berne- Hambourg compte 1.000 kilomètres et plus de 16 heures de trajet. Différence minime, certes, mais qui prouve que Nantes a droit d'espérer. Comme l'a bien montré M. Schwob, la voie favorable existe chez nous dès maintenant, c'est la voie Nantes-Tours- Nevers-Lyon, capable d'être raccourcie par Moulins- Paray-le-Monial-Bourg. Voie qui se ramifie par Dijon vers Baie, par Modane vers Turin. Il est à souhaiter que les mesures nécessaires soient prises au plus tôt pour nouer les relations entre la Suisse et l'Océan. Et ceci encore est, pour Nantes et Saint-Nazaire, un gage sérieux d'avenir. Rappelons, enfin, que Nantes est un carrefour important de voies ferrées et que le port, fait rare en France, dispose des trois lignes vers Paris, par Tours, par Le Mans, par Sablé.

La liaison avec le Midi. — Reste la question de la liaison avec le Midi. Par voie ferrée elle est assurée de iaçon multiple. Mais c'est par là aussi que manquent

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les voies d'eau. Leur nécessité est moins pressante que celles de l'Ouest et du Centre. Cependant on ne saurait passer sous silence que, depuis quelques années, divers projets de jonction Loire-Garonne ont été émis. Le Conseil Supérieur des Travaux Publics a mis ces projets à l'étude.

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