CHAPITRE VII
Le protectionnisme et les ports francs.
« La franchise (voyons-nous dans l'exposé des motifs du projet de loi déposé par M. Trouillot), est le complément nécessaire, le corollaire naturel du système protectionniste ; c’est une soupape de sûreté qui vient tempérer ce qu'il peut y avoir d’excessif dans le régime existant » ({).
Elle permettra, disent ses partisans, la renaissance de cerlaines industries aujourd'hui disparues, et parmi celles-ci, ils citent la distillerie du maïs et la fabrication des allumettes.
Pour la distillerie des maïs, nous leur ferons remarquer qu'elle à si peu disparu qu'elle donne des preuves non contestables de sa vitalité en protestant, comme c’est du reste son droit le plus légitime, contre le projet de relèvement des droits sur sa matière première. Quant à la fabrication des allumettes, elle ne peut s'exercer en France à cause du monopole de l'Etat. C'est la seule raison de sa disparition.
1. P. 28. Même sens M. Amiot, p.93 et Quinzaine Coloniale du discours de M. Etienne.
ps. —
« Mais nous allons plus loin que nos contradicteurs et nous reconnaissons qu’un nombre assez notable d’industries qu'il serait très intéressant de voir naître ou se développer sur notre territoire, en sont empêchées. Seulement, et c’est ce que nous tenons à proclamer bien haut, la cause en est. non point, comme on paraît vouloir en répandre l’idée, à des droits protecteurs, mais exclusivement à des droits fiscaux » (1).
Enfin, nous lisons dans l’exposé des motifs de la proposition de loi déposée le 4 mai 1899 par MM. Thierry, Rispal, Brindeau et Jourde : « la décadence de notre commerce d'exportation est duesans contredit à notre régime douanier, » [l semblerait donc à les entendre que le système prolectionniste a eu pour conséquence de ruiner notre exportation et de faire le vide dans nos ports. Or, il résulte d’un intéressant travail de statistique relevé par M. Jules Domergue, dans la Réforme Economique du 20 septembre 1901 que notre exportalion par mer qui était de 3.537.000 tonnes en 1875, de 4.790.000 tonnes en 1892 passait à 6.521.009 tonnes en 1900.
D'autre part, le poids des marchandises importées et exporlées par les ports français a subi une progression ascendante depuis 1875. Il était à cette époque de 11.319.490 tonnes. en 1892 il passait à 18 764.695 tonnes pour être en 1900 de 24.733.500 tonnes.
L'augmentation de 1900 sur 1875 est donc de 118 pour cent, celle de 1900 sur 1892 est de 52 pour cent.
Si au lieu de s’en tenir au poids des marchandises